La rue Cérès depuis la place Royale
Cette carte postale montre combien le débouché de la rue Cérès sur la place Royale a été transformé après la Grande Guerre.
Avant 1914, les façades ordonnancées de la place Royale, avec leurs arcades, se prolongeaient dans la rue Cérès jusqu’à la rue de Nanteuil, côté gauche, et jusqu’à la rue de la Grue, côté droit. Cet ensemble assurait une véritable continuité architecturale entre la place du XVIIIe siècle et la rue.
Les destructions de la Première Guerre mondiale vont profondément modifier cette disposition. Lors de la Reconstruction, les prolongements des façades à arcades ne sont pas rétablis et la rue Cérès est élargie, comme de nombreuses voies rémoises. Le recul des nouvelles constructions, particulièrement visible sur la comparaison des deux vues, ouvre ainsi davantage la perspective depuis la place Royale.
À gauche sera construite la nouvelle Poste Cérès, œuvre de l’architecte François Le Cœur, entre 1927 et 1930. Son architecture offre un contraste intéressant : la façade donnant sur la place Royale respecte l’ordonnancement classique du XVIIIe siècle, tandis que celle de la rue Cérès adopte résolument le langage de l’Art déco et utilise le béton armé.
À droite, le Comptoir de l’Industrie, détruit pendant la guerre, est reconstruit dès 1922 par les architectes Émile Thion et Marcel Rousseau. Sa façade relève d’un Art nouveau tardif, aux influences de l’École de Nancy, donnant à ce début de rue une physionomie très différente de celle d’avant-guerre.
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