Rue de Vesle : les souvenirs de François Sagot
Si vous avez des souvenirs, des photographies pour compléter cet article, vous feriez un grand plaisir à Monsieur Sagot !
Véronique
Je vais vous parler un peu de mon histoire au 165 rue de Vesle, « Au Tonneau d’Or », petit café que tenait mon père (né en 1900), qui était natif de Boulogne-sur-Mer.
Il a acheté ce commerce et la maison en 1932. Avant, il était gérant de la marbrerie Valentin située 4 place du Parvis à Reims, détruite par la guerre 14/18. Il a participé à la Reconstruction, dans le sens où il installait des cheminées dans les constructions qui ressortaient de terre.
Si j’ai envie de vous parler un peu de cette maison, c’est qu’elle a connu de nombreux événements. Tout d’abord, elle date de 1845 (voir sur la façade).
Derrière le commerce, il y avait une salle de 100 m² environ dans laquelle ont eu lieu de nombreuses manifestations : mariages, communions, réunions politiques (1940/45 et après, le CDLR), les donneurs de sang, diverses expositions, etc. Même les Petits Rats de Reims sont venus pendant quelques semaines répéter dans cette salle.
Avant la guerre 40, on y servait la soupe populaire. Juste avant sa mort, en 1938, Mermoz y est venu pour assister à une réunion. Enfin, personnellement, je suis heureux d’avoir connu beaucoup de bonheur dans cette grande demeure familiale de 1948 à 1969.
« La salle » qui était derrière le commerce a accueilli de nombreuses manifestations en tous genres depuis les années 1930. C’est sous le plancher de cette salle qu’a peut-être été découverte une cour datant du Moyen Âge, en pavés très usés. Une partie de ces pavés était encore à nu, je m’en souviens bien.
J’ai recherché les divers « occupants » jusqu’en 1840. Mon père y est arrivé en 1930 jusqu’en 1974 environ.
L’histoire des maisons est très intéressante. J’aimerais savoir ce qu’elle était quelques siècles avant, vu qu’elle datait de 1545 !… J’ai toujours imaginé une ancienne auberge, car il y avait 2 étages avec 9 pièces. Au second étage se trouvait « une salle de bains ». Je me souviens encore que, dans ce petit réduit avec un vasistas sur le toit, il y avait encore un petit meuble de « toilette », avec le dessus en marbre et un récipient en faïence qui devait servir de cuvette pour la toilette.
Ce sont des souvenirs lointains mais encore bien présents, cette maison m’a toujours fasciné !
J’ai fait quelques recherches généalogiques sur cette maison jusqu’en 1841. C’est intéressant de connaître un peu l’histoire d’une maison. J’ai aussi récupéré le dossier de vente de la maison à mon père.
J’ai pu découvrir de nombreuses cartes postales anciennes de cette rue et surtout du pont de Vesle, qui était alors une passerelle.
Ma déception est de n’en voir aucune qui corresponde à ma maison. Il y a celle vue de la place Stalingrad (de la Madeleine), ou d’autres s’arrêtent juste avant, comme celle des inondations de la rue en 1944. La maison a bien entendu été sous l’eau, avec les caves inondées… Sur cette photo, la maison était deux numéros avant…
Concernant la carte de la rue de Vesle inondée, cette vue se trouvait juste avant ma maison, « Le Tonneau d’Or ». C’était mon quartier, avec ses commerces dont je me souviens de tous, ainsi que des propriétaires… Par exemple, à gauche, la grande droguerie « Les Frères Claude », chez qui je suis allé acheter de la peinture, etc.
Concernant les inondations, personnellement, je ne m’en souviens plus, mais mon père et mon frère me racontaient que la cave du Tonneau d’Or était inondée !…
Je suis né au 165/167 rue de Vesle. Mon père tenait un petit café tout contre le garage Hatzfeld (partie « mécanique »).
J’ai bien connu ce garage. Vers mes douze ans et avant, début 1960, je me souviens que les ouvriers du garage venaient boire leur petit « ballon » de rouge et je les servais au commerce lorsqu’il fallait aider mon père.
Je me souviens qu’ils s’appelaient Jacques et Gilbert (avec ses grosses lunettes à montures marron). Il y avait aussi le « contremaître », avec sa blouse grise, qui, lui, buvait une petite bouteille de bière…
Quant à Monsieur Hatzfeld, il venait parfois boire une demie de champagne avec un client… Je me souviens encore de la pompe à essence manuelle près de chez moi ! Un peu identique à celle de la photo.
Lors des courses au circuit de Gueux, son vieux « tacot », qui était toujours sous le porche du garage, était exposé près du circuit.
Sur la première photographie, le monsieur qui se trouve près de la jeune femme était un employé de ce « garage ». Quand j’étais jeune, vers 13/14 ans, j’étais parfois derrière le bar et il venait au café boire un petit ballon de rouge, vite fait bien fait, entre deux clients. Je me souviens très bien de cette époque-là, j’en garde de très bons souvenirs. Je me souviens très bien aussi de tous les commerces et des commerçants des alentours. C’était « mon quartier » et je l’aimais bien !
Il y a aussi la rue Libergier où je suis allé à l’école primaire de 1956 à 1962. Elle a été détruite pour y construire des immeubles. Je m’y rendais seul, ce qui était naturel à cette époque…
Je me permets de raconter des souvenirs encore très présents aujourd’hui, qui concernent ce bâtiment « Museux ».
De 1958 (environ) au début des années 1960, je suis allé rendre visite une et parfois deux fois par semaine à une de mes tantes qui a passé la fin de ses jours à « l’Hospice Museux », comme on l’appelait en 1950/60, et est allée, en fin de vie, à l’Hospice « Sébastopol » à Reims.
Suite à un « AVC », elle a passé de nombreuses années alitée, sans se lever.
À cette époque, pas de rééducation dans ces établissements, du moins de ce que je me souvienne !
Elle se trouvait dans un « dortoir » qui comportait environ 20/30 lits, en métal blanc, qui étaient les uns près des autres. Toutes les pensionnaires étaient vêtues d’une camisole blanche et la plupart ne se levaient pas de leur lit.
Je revois le sourire de ma tante lorsque je rentrais dans la chambre. Son lit était tout près de la porte. Je lui apportais des oranges dans un sachet en papier et surtout sa revue hebdomadaire « Nous Deux ».
Ainsi s’est passée la fin de sa vie. Elle était âgée de 70 ans, ayant connu de nombreux malheurs dans sa vie, comme tant d’autres !…
Cette tante a toujours beaucoup compté pour moi…
Je reviens sur la boulangerie qui se trouve sur la place de la Madeleine. Le boulanger se nommait M. Pétizon A.
Lui et sa femme faisaient un peu partie de la famille… Je me souviens très bien d’eux, ils étaient très gentils…
C’était leur petit chien (noir et blanc) qui se promenait et traversait régulièrement la rue de Vesle. Il passait devant chez moi sans aucun complexe… Il était habitué à se faufiler dans la circulation…
J’ai connu ce commerce de chaussures « Verneau ». J’ai le souvenir d’y avoir acheté des chaussures (mon père payait !!!). À cette époque, pour moi, c’était un événement, ce genre d’achat.
Si je ne me trompe pas, le commerce à gauche vendait des poissons rouges, etc. Je regardais souvent la vitrine en passant devant pour aller à l’école. Après, il y avait un magasin de meubles haut de gamme (fabricant). Il s’appelait « Schwens et Froment » (orthographe incertaine ??), et aussi la grande, belle et très bonne charcuterie « Coeuriot ». Que de souvenirs dans ces années 1950/1970…
Fin 1950, début 1960, j’ai souvent pris les « anciens bus » des Rapides de Champagne pour aller voir mes grands-parents qui habitaient la campagne…
À cette époque, les dix-huit km que je parcourais me paraissaient une grande aventure !… Et il fallait être patient, car il arrivait que le vieux Citroën tombe en panne en montant la côte de Pargny-lès-Reims !!!
Concernant les salons Degermann, lorsque j’étais très jeune, début 1950, c’est là que les caisses d’Allocations familiales de Reims faisaient leur arbre de Noël pour les enfants…
Dans mes souvenirs, il y avait d’autres moments où les Rémois sortaient.
La fête foraine, 2 par an, je crois ? Elle s’étendait du bout de la place d’Erlon à la place du Boulingrin. Il y avait aussi la foire-exposition à la Patte-d’Oie, une fois par an. J’en revenais les mains pleines de prospectus… Les défilés de la kermesse des écoles qui se terminaient au « cirque » : j’y ai participé deux fois.
Je me souviens aussi des Mardi gras où j’allais « défiler » place d’Erlon, à la sortie de l’école…
La place du Boulingrin était très importante : le feu d’artifice du 14 juillet avec le bal populaire, les fêtes foraines qui s’étendaient de la place d’Erlon à la place du Boulingrin… Le marché sous les Halles (qui ont été remises en valeur).
Avez-vous connu la petite « roulotte de Toto frites » ??
La ville était vivante, tout le monde pouvait se promener sans soucis…
Dans les années 1970, chez ce marchand et fabricant de meubles « Schoens et Froment », ma belle-sœur s’est fait faire des meubles de salle à manger, « style Régence », en merisier, qui étaient à la mode dans les années 1970. Ils existent toujours et toujours en très bon état !… Ces meubles ne valent plus grand-chose aujourd’hui. Peut-être seront-ils de nouveau d’actualité un jour, comme tous ces beaux meubles de l’époque fabriqués en bois massif ??
Personnellement, ce n’était pas mon style préféré. J’ai toujours ce genre de meubles, mais plus « rustiques »…
Dans les années 1980, pendant quelque temps, j’ai fabriqué des petits meubles de ce genre dans un petit atelier que j’avais aménagé et ensuite, début des années 2000, j’ai fabriqué également des répliques identiques des meubles de notre maison en bois massif, mais à l’échelle 1/10… que je garde pour mes petits-enfants.
Tout cela n’est pas en rapport avec « Reims », mais tous ces commerces me rappellent beaucoup de souvenirs. Je suis passé tous les jours devant ces vitrines pendant des années. Je me souviens de la première « DS 19 » exposée au garage Citroën, le garage « Ardon ».
Mes grands-parents ont habité à Gueux de 1931/32 jusqu’en 1954. Mon grand-père y était berger dans la ferme de la famille PR… J’y ai de très bons souvenirs de ma très jeune enfance… Le vieux cinéma, assis sur des bancs en bois, la fête foraine, ses balançoires en bois (barquettes), le bal, son 14 juillet avec la retraite aux flambeaux et… J’étais très jeune, mais il me reste des souvenirs +++
Les courses automobiles que je regardais de loin, car nous n’avions pas les moyens de nous en approcher…
« Bien sûr que Reims a beaucoup apporté de modernisme et autres progrès, surtout de la restauration, mais pour moi qui, comme beaucoup, n’ai pas connu le confort, ces moments de ma jeunesse m’ont aidé à construire ma vie et celle de mes 4 enfants. »
Cordialement,
François Sagot








Quelques avant/après :







Bonjour
Je reviens sur la boulangerie qui se trouve sur la place de la Madeleine , le boulanger se nommait mr Pétizon A.
Lui et sa femme faisaient un un peu partie de la famille.. Je me souviens très bien d’eux, ils étaient très gentils….
C’était leur petit chien (noir et blanc) qui se promenait et traversait régulièrement la rue de vesle Il passait devant chez moi sans aucun complexe… il était habitué à se faufiler dans la circulation…
Le Feu d’Artifice sur la place du boulingrin etait tiré le 13Juillet au soir a 23h; Super souvenir;
Ensuite la Foule ; une marée humaine descendait sur la Place d’Erlon ; (( Sans voitures))
et la fete se poursuivait bon enfant; C’était me semble t’il ; Le seul jour de l’année ou les Rémois(e)sortaient de chez eux.!!
Moi, j’ai un souvenir de très grande foule à pied, mais c’est assez récent : 1991, l’inauguration du tramway.
Comme toi, je me souviens bien du Feu d’Artifice place du Boulingrin… On y allait à pied en effet.
Bonjour
Dans mes souvenirs, il y avait d’autres moments où les Remois sortaient.
La fête foraine , 2 par an, je crois ? Elle s’étendait du bout de la place d’erlon à la place du Boulingrin, il y avait aussi la foire exposition à la Patte d’oie, une fois par an. J’en revenais les mains pleines de prospectus…. Les défilés de la kermesse des écoles qui se terminaient au « cirque » j’y ai participé deux fois.
Je me souviens aussi des mardi-gras où j’allais » défiler » place d’Erlon, à la sortie de l’école….
La ville était vivante, tout le monde pouvait se promener sans soucis…
Merci encore pour votre Site qui permet de se remémorer tous ces souvenirs, et j’en passe….
D
J’aimerais publier une carte de la rue de Vesle que j’ai trouvée sur Internet. Elle doit dater d’après la guerre 14/18, j’aimerais savoir de où elle a été prise ??
– Etes – vous intéressé par 3 cartes (personnelles) de l’enterrement du Cardinal Luçon en 1930 ??dont une avec : André Maginot et le Maréchal Pétain
J’ai connu ce commerce de chaussures « Verneau », j’ai le souvenir d’y avoir acheté des chaussures (mon père payait !!!) . A cette époque, pour moi, c’était un évènement ce genre d’achat.
Si je ne me trompe pas le commerce à gauche vendait des poissons rouges etc…. je regardais souvent la vitrine en passant devant pour aller à l’école., après il y avait un magasin de meubles haut de gamme (fabricant) il s’appelait « Schwens et Froment » orthographe incertain ?? et aussi la grande et belle et très bonne Charcuterie « Coeuriot » . Que de souvenirs dans ces années 1950/1970…
Concernant la carte de la rue de Vesle inondée, Cette vue se trouvait juste avant ma maison « Le Tonneau d’Or », c’était mon quartier avec ses commerces dont je me souviens de tous ainsi que des propriétaires … Par exemple, à gauche la grande Droguerie « les frères Claude » chez qui je suis allé acheter de la peinture etc….
Concernant les inondations, personnellement je ne m’en souviens plus mais mon père et mon frère me racontaient qu la cave du Tonneau d’Or était inondée !…