Le pont de la rue Polonceau
Cette carte postale nous emmène dans un secteur de Reims aujourd’hui difficile à reconnaître, tant le paysage de la Chaussée-Bocquaine, de la Vesle et du canal a été bouleversé au cours du XXe siècle.
L’ancienne rue Polonceau était presque située dans le prolongement de la rue Libergier, mais de l’autre côté du canal. Elle portait auparavant le nom de chaussée Hannier, du nom d’un important négociant en charbon qui possédait ses entrepôts dans le secteur, avant de devenir rue Polonceau en 1887.
Elle doit son nouveau nom à Antoine Rémy Polonceau (1778-1847), ingénieur des Ponts et Chaussées né à Reims. Il participa notamment à la construction des routes du Simplon et du Mont-Cenis et réalisa le pont du Carrousel à Paris. Son fils Camille fut lui aussi un ingénieur réputé, particulièrement dans le domaine des chemins de fer.
La rue franchissait la Vesle puis la Rivière-Brûlée, un ancien bras de la Vesle qui traversait le secteur de l’actuel parc Léo-Lagrange. À partir de 1925, le nom de rue Polonceau désignait la partie comprise entre le pont sur la Vesle et celui de la Rivière-Brûlée ; au-delà commençait la rue Souyn, qui rejoignait la rue de Courlancy.
Sur la première carte postale, la Vesle est franchie par un simple pont de bois. Celui-ci sera ensuite remplacé par un pont métallique, visible sur la seconde carte.
La Rivière-Brûlée, devenue au fil du temps un véritable cloaque, est remblayée dans les années 1970. Elle disparaît alors du paysage, même si sa source subsiste dans le parc Léo-Lagrange et alimente aujourd’hui la grande pièce d’eau.
Puis vient le grand bouleversement : l’aménagement de l’autoroute A4, aujourd’hui voie Jean-Taittinger, modifie le cours de la Vesle et fait disparaître l’ancienne rue Polonceau. Le pont représenté sur la carte se situerait aujourd’hui pratiquement à l’emplacement de la voie rapide.
En 1978, afin de conserver le souvenir de cette voie disparue, le nom de Polonceau est attribué à une petite allée de la Chaussée-Bocquaine.
Entre la Vesle déplacée, la Rivière-Brûlée remblayée, les anciens ponts disparus et la construction de la voie rapide, c’est finalement tout un morceau de la géographie rémoise qui est devenu presque impossible à retrouver sur le terrain.
Par la suite, le pont de bois fut remplacé par un pont métallique.
La rivière Brûlée
À découvrir également
- ReimsAvant – La Vesle derrière la propriété d’Édouard Redont
- ReimsAvant – Le pont Charles-de-Gaulle vu du pont de Venise
- ReimsAvant – Le parc Léo-Lagrange



