Le boulevard Lundy et les organisations défensives
Cette photographie, prise le 1er mars 1918, montre un aspect inhabituel du boulevard Lundy. L’élégante avenue bordée d’hôtels particuliers est alors devenue un secteur organisé pour la défense de la ville.
À cette date, Reims vit depuis plus de trois ans à proximité immédiate du front. Les rues situées à l’est et au nord-est de la ville sont particulièrement exposées et certains secteurs sont aménagés par l’armée française : tranchées, barricades, abris et autres dispositifs défensifs viennent ainsi bouleverser le paysage urbain.
Une autre photographie du fonds Valois, prise le lendemain 2 mars 1918, montre d’ailleurs des organisations défensives à l’angle de la rue Kellermann et du boulevard Lundy.
Le boulevard est également directement touché par les bombardements. Dans son journal, Louis Guédet rapporte par exemple qu’après la violente nuit du 13 au 14 février 1917, le boulevard Lundy et plusieurs maisons du secteur ont été durement atteints ; il est alors question de 144 projectiles tombés sur la ville.
À gauche de la photographie se trouve un bel hôtel particulier qui a survécu aux destructions. Après avoir notamment accueilli la DAFCO et le CAFOC, il est aujourd’hui occupé par la maison de champagne Jacquart.
Cette vue est particulièrement saisissante : derrière les aménagements militaires, on reconnaît encore les élégantes demeures d’un boulevard qui comptait avant 1914 parmi les adresses les plus prestigieuses de Reims. Pendant la guerre, ce décor bourgeois était devenu un paysage de front.
Collection BDIC-BNF fonds Vallois (ref : BDIC_VAL_050_081)
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