L’Archevêché après la Grande Guerre
Le palais du Tau, ancien palais archiépiscopal de Reims, doit son nom traditionnel à son ancien plan évoquant la lettre grecque Tau (T). Remanié à plusieurs reprises au cours des siècles, il conserve notamment des éléments gothiques de la fin du Moyen Âge. Entre 1671 et 1710, il est profondément transformé sous la direction des architectes Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte, qui lui donnent son aspect classique.
Vers 1860, Eugène Viollet-le-Duc remanie profondément la grande aile longeant la rue du Cardinal-de-Lorraine. Après la séparation des Églises et de l’État, l’archevêque est expulsé du palais le 17 décembre 1906 ; l’édifice est classé monument historique en 1907 et destiné à accueillir des collections muséales.
Le 19 septembre 1914, l’incendie de la cathédrale se propage au palais du Tau et le ravage. Après la guerre, la priorité est donnée à la restauration de Notre-Dame sous la direction de l’architecte Henri Deneux. Le palais sert alors notamment d’atelier au chantier de la cathédrale.
Sa véritable reconstruction et sa transformation en musée n’interviennent principalement qu’entre 1950 et 1972. Plutôt qu’une restitution intégrale de l’état d’avant 1914, certains espaces sont réinterprétés pour accueillir les sculptures, tapisseries et objets liés à la cathédrale et aux sacres. Le musée ouvre au public en 1972.
Après la Grande Guerre, l’archevêché proprement dit est installé dans l’hôtel du Corbeau, 9 rue du Cardinal-de-Lorraine, face au palais du Tau.
Le palais du Tau fait actuellement l’objet d’une importante campagne de restauration et de réaménagement. Fermé au public pendant les travaux, il doit retrouver à terme un parcours muséographique entièrement renouvelé.
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