Robert Jactat (1885-1980)
En quelques mots
Architecte rémois particulièrement actif pendant la Reconstruction, Robert Jactat appartient à cette génération de praticiens qui participe largement à la reconstitution du tissu urbain par la construction et la restauration d’immeubles d’habitation et de commerce.
Entre 1920 et 1930, 87 permis de construire sont recensés à son nom à Reims.
Repères biographiques
Robert Jactat naît à Rethel le 28 mars 1885 et meurt à Reims le 6 juillet 1980.
Après des études au lycée de Reims, il se forme auprès des architectes Émile Dufay-Lamy et Paul Bouchette. Il s’installe comme architecte en 1912, en reprenant le cabinet de Charles Payen. Membre de la Société des Architectes de la Marne en 1917, il exerce d’abord 9 rue Guillaume-de-Machault, puis 72 rue Libergier à partir de 1921.
Après la Grande Guerre, il participe également à la reconstruction de plusieurs communes de la Marne, notamment Saint-Étienne-sur-Suippe, Pourcy, Marfaux, Courtagnon et Nanteuil-la-Fosse.
La Reconstruction à Reims
L’activité rémoise de Robert Jactat est importante : les recherches de Dominique Potier recensent 87 permis de construire entre 1920 et 1930, répartis dans de nombreuses rues de la ville. Cette production est principalement constituée d’immeubles et de maisons particulières, ce qui explique qu’elle soit aujourd’hui moins immédiatement identifiable que celle de certains architectes auteurs de grands édifices publics.
Parmi ses réalisations les plus visibles figure l’immeuble du 36 place Drouet-d’Erlon, la pharmacie à l’angle de la rue de l’Étape, dont le permis de construire date de 1922. La documentation patrimoniale de la Ville de Reims souligne notamment la conservation de sa devanture d’origine.
Sur ReimsAvant : l’immeuble à droite, la pharmacie
3 rue du Jard
Au 3 rue du Jard, Robert Jactat intervient sur un immeuble construit avant-guerre par Charles Payen, dont il avait repris le cabinet en 1912.
Endommagé pendant la Grande Guerre, l’immeuble est restauré lors de la Reconstruction par Jactat, qui conserve la façade ordonnancée encore debout. Cette intervention illustre aussi une facette moins spectaculaire mais essentielle de la Reconstruction : réparer et réemployer ce qui pouvait être sauvé plutôt que reconstruire systématiquement à neuf.
Sur ReimsAvant : Le 3 rue du Jard, la seule façade encore debout
Au-delà de Reims
L’activité de Robert Jactat ne se limite pas à Reims. En 1925, il dessine notamment le projet du monument aux morts de Bourgogne, dans la Marne. La notice de l’Inventaire général conserve la date du projet de Jactat : 20 août 1925.
