Les trains sous la verrière de la gare
Ces cartes postales nous font entrer directement dans la gare de Reims, côté voies et quais. Sous la grande verrière métallique, locomotives à vapeur et voitures de voyageurs attendent leur départ tandis que les quais s’animent au rythme des arrivées et des départs.
Au XIXe et au début du XXe siècle, les quais sont protégés par une vaste charpente de métal et de verre, caractéristique des grandes gares de cette époque. La vapeur des locomotives, les fumées et la lumière filtrant à travers les verrières devaient donner au lieu une atmosphère bien différente de celle que connaissent les voyageurs aujourd’hui.
Cette grande couverture est détruite pendant la Première Guerre mondiale. Lors de la reconstruction de la gare, on ne choisit pas de la reproduire à l’identique : les ingénieurs adoptent une solution résolument moderne.
À partir de 1931, l’entreprise Limousin, qui avait également travaillé aux Halles du Boulingrin, réalise une immense halle en béton armé et verre, conçue par les ingénieurs Gaston Le Marec et Ridet. L’ensemble est constitué de deux grands vaisseaux portés par vingt arcs en béton armé, avec des portées atteignant 29 et 35 mètres. La halle mesure environ 105 mètres de longueur.
Malgré l’emploi massif du béton, la lumière reste essentielle : quelque 4 560 m² de verrières permettent d’éclairer naturellement les quais. Cette architecture très dépouillée, sans décor superflu, constitue alors une réalisation particulièrement moderne.
La halle sera à son tour rénovée au début des années 2000, notamment à l’occasion de l’arrivée du TGV Est.
De la grande verrière métallique des locomotives à vapeur aux audacieuses voûtes de béton et de verre des années 1930, les quais de la gare racontent ainsi à eux seuls plus d’un siècle d’histoire du chemin de fer à Reims.
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