Rue Cérès, le Café Louis XV, 1928
Carte postale : collection Gallica-BNF
Cette carte postale de 1928 montre la rue Cérès en pleine Reconstruction. À droite, au numéro 5, se trouve le célèbre Café Louis XV, installé dans un immeuble alors tout neuf.
L’établissement est beaucoup plus ancien. D’abord installé place Royale, à l’angle de la rue Cérès, il est transféré vers le milieu du XIXe siècle au 5 rue Cérès par son propriétaire, M. Marchandise.
À la fin du XIXe siècle, le Louis XV est devenu une véritable institution rémoise. Sa clientèle est très variée : petits commerçants, maîtres tisseurs des campagnes rémoises, représentants en vins, comestibles, tissus et laines, mais aussi musiciens, sportifs et membres de différentes sociétés locales s’y retrouvent volontiers autour d’une partie de cartes ou de dominos. Une source de 1881 évoque même l’établissement comme un rendez-vous du « monde lainier », sans pour autant en faire le café attitré des négociants en laine.
Le café possédait également un décor particulièrement soigné. Ses murs étaient ornés de panneaux rustiques peints par Hutin, élève du peintre-verrier rémois Pierre-Adhémar Marquant. En 1895, l’établissement disposait même d’une « cafetière économique », ancêtre de nos percolateurs.
Comme presque toute la rue Cérès, le Café Louis XV est détruit pendant la Grande Guerre. Mais l’activité reprend rapidement après l’Armistice : le café s’installe provisoirement dans un baraquement en bois, comme de nombreux commerces rémois dans l’attente de la Reconstruction.
En 1925, le Louis XV retrouve un véritable immeuble au 5 rue Cérès. Il est reconstruit par les architectes Marcel Rousseau et Émile Thion, qui lui donnent un décor particulièrement ornementé, inspiré du style Louis XV. C’est ce bâtiment tout récent que l’on découvre sur la carte postale de 1928.
Le café disparaîtra bien plus tard et ses locaux seront notamment occupés par le salon de coiffure Pierre-Marie. L’immeuble de la Reconstruction, lui, est toujours présent au 5 rue Cérès, même si le décor intérieur du célèbre café a disparu.
Du café fréquenté par les commerçants, représentants et maîtres tisseurs du XIXe siècle au baraquement provisoire de l’après-guerre, puis au bel établissement reconstruit des années 1920, le Louis XV aura accompagné une longue période de la vie rémoise.
Voir le détail de l’immeuble actuel


Le café Louis 15 en 1885
Notes concernant
L’Union avec Jeanne Aline DUHALDE
La vie Rémoise:
Fiche Eugène Hennegrave
Hennegrave fit partie de la firme de tissus Aimé Grandjean, dite Grande-Maison, boulevard Cérès. Succéda plus tard à Petitjean des Biscuits[ en fait son cousin, à l’angle de la place royale], et mourut à Paris pendant la guerre. Il appartenait à l’équipe de manilleurs du Café Louis XV, où exercèrent leurs talents, sous les regards du jeune patron Tayot ; Eugène Barré, banquier ; Jean-Baptiste Cavarrot ; Lempereur, du bâtiment ; Hacard-Laurendeau, de l’Épicerie ; Charles Lecomte, Émile Lécuyer, le petit Grosjean ; Émile Herlicq, courtiers en laines ; le docteur Robin et son chef, Maurice Salaire, capitaine des Pompiers ; Buirette et Willemet ; le gros Duval, à la face cramoisie ; Georges Leclerc, maire de Saint-Léonard ; Adolphe Feller ; Louis Leloup, et vingt autres, amateurs de la fine et mousseuse bière Veith, servie en bocks à 15 centimes et en mousseline à 25 centimes, dont le brasseur lui-même faisait parfois et généreusement les frais, par tournées générales.
Merci pour ces précisions sur la fine équipe des habitués du café Louis XV,
à bientôt sur nos sites.
Véronique Valette