Les Rémois quittent la Ville pendant le bombardement
Cette carte postale montre la gare du C.B.R. (Chemins de fer de la Banlieue de Reims), située en face de la gare de voyageurs, de l’autre côté de l’actuel boulevard Joffre. Ce réseau de chemin de fer secondaire permettait de relier Reims à de nombreuses communes des environs.
Dès septembre 1914, Reims se trouve sous le feu de l’artillerie allemande. Les bombardements, les incendies et la destruction de nombreux quartiers poussent une partie de la population à quitter la ville. Le C.B.R. constitue alors l’un des moyens utilisés par les Rémois pour s’éloigner de la zone des combats.
Le 14 octobre 1914, le cardinal Luçon note dans son journal :
« Bombes. Terreur de la population, 60 000 personnes quittent Reims par le CBR ».
Ce chiffre de 60 000 personnes doit toutefois être considéré avec prudence. Il paraît difficile qu’autant de Rémois aient quitté la ville par le seul C.B.R. au cours de cette journée ; il pourrait plutôt correspondre à une estimation du nombre d’habitants ayant déjà fui Reims depuis le début des hostilités. C’est d’ailleurs l’interrogation qui figurait déjà dans l’article de 2017.
Les départs ne se limitent pas aux premières semaines de la guerre. Pendant plusieurs années, au rythme des bombardements et des périodes d’accalmie, les habitants quittent Reims ou y reviennent. Le C.B.R. sert également pendant le conflit au transport de matériel, de munitions et de blessés.
La situation devient finalement intenable au printemps 1918. Le 24 mars, l’évacuation totale de la population civile est ordonnée par les autorités militaires. Reims, qui comptait plus de 100 000 habitants avant la guerre, se vide alors de ses derniers habitants.
Plan de 1917 (Archives Municipales de la Ville de Reims)


