Il y a 100 ans : l’Incendie de l’Hôtel de Ville
Le 3 mai 1917, Reims subit un violent bombardement allemand. Dans le secteur de la place de l’Hôtel de Ville, plusieurs immeubles sont touchés par des obus incendiaires et les foyers se multiplient.
Vers 14 heures, le feu gagne l’Hôtel de Ville. Les toitures, déjà endommagées par de précédents bombardements et protégées provisoirement par des cartons bitumés, s’embrasent. Le feu atteint rapidement la charpente puis se propage à l’ensemble du bâtiment.
La situation devient dramatique : les pompiers sont sur place, mais ils manquent d’eau. Employés municipaux, policiers, brancardiers et habitants tentent alors de sauver ce qui peut encore l’être. Tableaux, objets, dossiers et livres sont sortis à la hâte tandis que les obus continuent de tomber autour de la place. Paul Hess raconte même que des livres de la bibliothèque sont jetés par brassées depuis les fenêtres du premier étage pour échapper aux flammes.
La bibliothèque municipale occupait en effet une partie importante de l’Hôtel de Ville. Heureusement, dès 1914, son conservateur Henri Loriquet avait entrepris d’évacuer les ouvrages les plus précieux. Manuscrits, incunables et livres rares avaient été transportés dans différents lieux sûrs, notamment à Sainte-Clotilde, Paris et Toulouse. Environ 100 000 documents purent ainsi être sauvés.
Mais les pertes restent considérables : environ un tiers des collections de la bibliothèque disparaît dans l’incendie. Parmi elles figurent des collections récentes, des périodiques et une grande partie du legs de Victor Diancourt : sur les quelque 20 000 volumes qu’il avait donnés à la ville, plus de 16 000 seront détruits.
À la fin de la journée, l’Hôtel de Ville n’est plus qu’une immense carcasse calcinée. Ses façades ont cependant résisté, ainsi que le célèbre pavillon central portant la statue équestre de Louis XIII.
Après la guerre, la décision est prise de conserver et reconstruire l’édifice. Les travaux commencent en 1924 sous la direction de Paul Bouchette et Roger-Henri Expert. L’Hôtel de Ville restauré est inauguré le 10 juin 1928 par le président de la République Gaston Doumergue.
Et l’incendie aura une conséquence inattendue dans le paysage rémois : privée de ses anciens locaux, la bibliothèque municipale bénéficiera après-guerre de l’aide de la fondation Carnegie. La nouvelle bibliothèque Carnegie ouvrira en 1928, à quelques pas de la cathédrale.
L’Hôtel de ville est considéré comme l’un des plus beaux exemples de l’architecture civile du XVIIe siècle. Mais ce magnifique bâtiment, comme les autres monuments de Reims, fut durement touché pendant la guerre de 14-18. Les premiers obus allemands égratignèrent l’Hôtel de Ville dès novembre 1914. Mais l’administration municipale y poursuivit imperturbablement son travail, sous l’impulsion de son maire emblématique : le Dr Langlet.
L’agonie du bâtiment commença le 21 avril 1917. Les obus tombèrent dans tout le quartier. Le 3 mai 1917, l’artillerie allemande concentra son tir d’obus incendiaires sur l’édifice qui prit feu et fut entièrement détruit. Il ne resta que la façade calcinée.
Photo N&B : Gallica-bnf.fr
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