Le Passage Subé
Le passage Subé est l’un des aménagements les plus originaux réalisés dans le centre de Reims lors de la Reconstruction. Il relie la rue Condorcet à la rue de l’Étape et croise en son centre le passage Talleyrand, qui permet de rejoindre la place Drouet-d’Erlon et la rue de Talleyrand.
La création de cet ensemble intervient après les destructions de la Première Guerre mondiale. Contrairement à la majorité des immeubles reconstruits sur leurs anciennes parcelles, le projet nécessite un véritable remaniement du parcellaire. Les propriétaires sinistrés se regroupent au sein de la Coopérative Subé, permettant la réalisation de cette galerie commerciale traversant l’intérieur de l’îlot.
Le permis de construire du passage Subé est déposé en 1924. Le projet est attribué à l’architecte Jules-Michel Gaislin, qui intervient également sur plusieurs immeubles de la Reconstruction rémoise.
Inspirés des passages couverts parisiens du XIXe siècle, les passages Subé et Talleyrand sont éclairés par de hautes verrières portées par une structure métallique. Les constructions utilisent le ciment armé, recouvert d’enduits imitant la pierre. Les façades intérieures présentent un décor caractéristique des années 1920, relativement sobre : motifs géométriques et ornements de style Art déco rythment les galeries.
La photographie semi-moderne montre combien les devantures et surtout les enseignes publicitaires occupaient alors l’espace visuel. Leur disparition ou leur plus grande discrétion permet aujourd’hui de mieux percevoir l’architecture, la régularité des façades et les verrières.
Toujours commerçants et accessibles aux piétons, les passages Subé-Talleyrand constituent aujourd’hui l’un des témoignages les plus singuliers de la transformation du centre de Reims pendant la Reconstruction.
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La photographie actuelle semble ne pas être dans le bon axe. Dans mon souvenir (et d’après la photo postée le 4/12/2016 « Passages Subé-Talleyrand »), le Saphir a été remplacé par Parano Shoes. Cette erreur, si c’était le cas, est en tout cas un bel hommage à la symétrie de l’architecture.