Place Myron Herrick

La rue de Talleyrand et la place du Théâtre

Ce carrefour a été jusqu’à il y a peu de temps appelé « Le Théâtre » par les rémois et les Transports Urbains de Reims à cause de la proximité de celui-ci ; depuis quelques année, le théâtre est devenu l’Opéra, la station de tram a repris ce nom, pourtant sur le plan interactif de la Ville ce carrefour n’a pas de nom ; la place Myron Herrick, toute proche se situe un peu plus loin devant l’Opéra et le Palais de Justice.

Avant 1914, malheureusement impossible de lire la date sur le tampon

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Palais de Justice, Théâtre, Crédit Lyonnais, Place Myron Herrick

Photographie : Gilles Labbe, 4 janvier 1977

Le Crédit Lyonnais :

Permis de construire délivré le 8 octobre 1923 (plans déposés le 14 juin précédent).
André Narjoux était l’architecte attitré du Crédit Lyonnais, pour lequel il a construit de nombreuses autres agences.
L’entreprise Richard Dior était chargée des travaux.
Durant la première guerre mondiale Reims, ville du front, a été détruite à plus de 80 pour cent. La reconstruction de la ville, durant les années 1920, va servir de terrain d’expérimentation. Les styles les plus divers se côtoient : des styles hérités du passé comme le style haussmanien, mais aussi des styles plus novateurs tel que le style Art Déco.

Source : Les Reims Anciens

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Place Myron Herrick

Photographie : Gilles Labbe
Date de prise de vue : le 14 mars 1977

La place Myron T-Herrick (du nom de l’ambassadeur des États-Unis en France de 1921 à 1929) ancienne rue du Puits Taira, et le haut de la Rue de Vesle, ancienne rue de la Porte aux Ferrons, couvrent l’emplacement du decumanus maximus, rue principale gallo-romaine qui traverse la ville d’est en ouest. Des sondages archéologiques récents l’ont mise au jour à un mètre du sol.
Devant l’actuel Grand Théâtre, se dressait un des quatre arcs monumentaux de la ville, connu sous le nom d’arc de Vénus.
Probablement bâti vers la seconde moitié du IIe siècle, il fut englobé dans le rempart au milieu du IVe siècle. Une porte médiévale lui succéda
à cet emplacement : la porte Valoise, d’où la rue de Vesle tire son nom.
Cette porte était massive et étroite, et gênait la circulation. Elle finit par être détruite en 1776 grâce aux subsides octroyés par Louis XVI.
En savoir plus sur le document en pdf de : MARS (Mobilité Agglomération Rémoise)

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Place Myron Herrick et le Grand Théâtre, actuel Opéra

Photographie Gilles Labbe
Prise de vue : 15 novembre 1978

Le Palais de justice s’installe sur l’emplacement en 1839. Le bâti du XIXesiècle incorpore quelques souvenirs des bâtiments
antérieurs : une façade de style Louis XV et les anciens celliers gothiques de l’Hôtel-Dieu. L’Hôtel-Dieu jouxtait au sud, la halle
du vieux marché de Reims (XIVesiècle), ensuite devenu marché aux poissons.
Dès la construction du rempart de l’Antiquité tardive, le haut de la rue de Vesle – actuelle place du Théâtre – s’est trouvé rejeté en
dehors de la ville. Si ce secteur accueillit à nouveau de l’habitat semble-t-il assez précocement, en 1732, un ruisseau coulait
encore au milieu de la rue vers la Vesle. Dès l’époque gallo-romaine, son assainissement avait pourtant été assuré par un
important égout monumental retrouvé récemment.
Le Grand Théâtre a été bâti entre 1867 et 1873 suivant les plans d’Alphonse Gosset ; lequel s’inspira largement de l’opéra
Garnier de Paris. Sévèrement touché pendant la première guerre mondiale, l’intérieur fut totalement refait de 1927 à 1931 dans le
style Art déco.
Source   : MARS (Mobilité Agglomération Rémoise)

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Place Myron-Herrick

Carte postale semi-moderne qui a voyagé en 1950. (Collection personnelle)

Herrick, place Myron T. [1929].

<= 22-25, rue Carnot, => rue de Vesle.
70 x 15 mètres.
Ancienne place du Palais-de-Justice.

(1854-1929). Ambassadeur des États-unis. Né à Hunstington (Ohio) le 9 octobre 1854, mort à Paris le 1er avril 1929. Myron T. Herrick, pendant la guerre 1914-1918, contribua à la création des hôpitaux américains en France. Il apporta ensuite une aide précieuse à la reconstruction des villes, leur ravitaillement et leur équipement. Il vint à Reims, le 19 juillet 1921, pour la pose de la première pierre de la nouvelle bibliothèque. Le 21 mai 1922 il posa celle de l’Hôpital Américain. Il reviendra à l’inauguration de ce dernier le 30 avril 1925 et le 11 mai 1927 à celle des nefs de la cathédrale.

Vue faite depuis la rue Carnot vers la rue de Vesle.

 

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La rue Carnot et le magasin de chaussures « Le Chat Perçant »

Le magasin se trouvait à l’angle de la rue Carnot et de l’ancienne rue de Deux Anges. Le dédales de petites rues ont été complètement bombardées et remplacé par le cours Langlet.

Carte postale ancienne : Jean-Louis Dufour, merci à lui.

Carnot, rue [1894].

<= 1-2, place Royale, => 2, place Myron-Herrick.
La rue fut dénommée aussitôt après l’assassinat du président de la République. Sous le coup de l’émotion, on débaptisa la rue des Tapissiers. La dernière pensée de Carnot aurait été pour Reims, car 10 minutes avant de monter dans la voiture fatale, Carnot aurait dit au maire de Reims combien il avait gardé un bon souvenir de son voyage dans notre Ville et combien il était heureux de lui serrer la main.

(1837-1894). Président de la République. Né à Limoges le 11 août 1837, mort à Lyon le 25 juin 1894. Marie François Sadi Carnot, fut président de la République de 1887 à 1894. Il épousa à Paris, en 1863, Cécile Marie Pauline Dupont-White (1841-1898) et leur petite-fille, Anne Carnot, épousa René Giscard d’Estaing, grand-oncle de Valéry Giscard d’Estaing. Sadi Carnot était le fils du journaliste Hippolyte Carnot (1801-1888), député de Paris, sénateur, franc-maçon, ministre de l’Instruction publique, et le petit-fils du général Lazare Carnot, ministre de la Guerre. Sadi Carnot vint à Reims le 18 septembre 1891 et y fut reçu par le maire Henri Henrot. Il fut inhumé au Panthéon aux  côtés de son grand-père.

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On peut bien remarquer que sur cette carte postale qui date d’avant la Grande Guerre, la rue Carnot était plus étroite qu’aujourd’hui. La Porte du Chapitre qui était restée debout a été démontée pierre à pierre pour être remontée quelques mètres plus loin.

Ci-dessous, place la Myron-Herrick (nommée ainsi en 1919) ; on voit bien le magasin du chat Perçant en face, à l’angle gauche de la rue Carnot

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Enfin, après la Grande Guerre, Le Chat Perçant a disparu et les maisons sont toutes en ruines de ce côté de la place.

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Herrick, place Myron T. [1929].

<=22-25, rue Carnot, => rue de Vesle.
70 x 15 mètres.
Ancienne place du Palais-de-Justice.

(1854-1929). Ambassadeur des États-unis. Né à Hunstington (Ohio) le 9 octobre 1854, mort à Paris le 1er avril 1929. Myron T. Herrick, pendant la guerre 1914-1918, contribua à la création des hôpitaux américains en France. Il apporta ensuite une aide précieuse à la reconstruction des villes, leur ravitaillement et leur équipement. Il vint à Reims, le 19 juillet 1921, pour la pose de la première pierre de la nouvelle bibliothèque. Le 21 mai 1922 il posa celle de l’Hôpital Américain. Il reviendra à l’inauguration de ce dernier le 30 avril 1925 et le 11 mai 1927 à celle des nefs de la cathédrale.

La rue Carnot vue depuis le Palais de Justice – 1906

Le palais de justice construit à partir de 1833, sur l’emplacement de l’hôtel-Dieu, hôpital datant de IVe siècle, développé par l’archevêque Hincmar, a été inauguré le 5 novembre 1839, jour de la rentrée des tribunaux.

A l’angle de la rue Carnot et de la rue du Trésor (à droite) se trouvait le magasin « A l’Eglantine » qui fut détruit lors de la Grande Guerre. Il fit place au Crédit Lyonnais, aujourd’hui LCL. Ce bâtiment fut construit en 1924 par l’entreprise Blondet. La rue Carnot s’est élargie des deux côtés lors de la Reconstruction.

Source « Reims d’Hier à Aujourd’hui » de Michel Thibault, Editions Sutton.

CPA : Collection personnelle. Cette carte a circulé le 26 juin 1906.

 

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Le Grand Théâtre, actuellement l’Opéra

Le Grand Théâtre de Reims est l’œuvre de l’architecte Alphonse Gosset. Inauguré en 1873, le bâtiment est incendié durant la Première Guerre mondiale. Comme pour d’autres édifices, les façades XIXe siècle ont été conservées, alors que l’intérieur a été entièrement repris. Les architectes François Maille et Louis Sollier s’inspirent, pour la nouvelle salle, du Théâtre des Champs-Elysées d’Auguste Perret. De grands artistes œuvrent pour la décoration intérieure de style Art déco (sculpteurs, peintres). Parmi les pièces remarquables, le plafond lumineux, bombé à la manière d’un bouclier, est une synthèse du savoir-faire du ferronnier Edgar Brandt et du maître verrier Jacques Simon. Rénové en 2000, le Grand Théâtre de Reims est devenu, en 2010, l’Opéra de Reims.

Source du texte et de la photographie de la Reconstruction : Reims, chemins de mémoire

Théâtre

 

Opéra

Place du Palais de Justice

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