Boulevard Lundy

École maternelle bombardée

Il y a exactement 100 ans, cette photographie a été prise le 14 août 1917 boulevard Lundy

Collection BDIC-BNF, fonds Valois (cote : BDIC_VAL_049_096)

La maison de la Libre-Pensée, boulevard Lundy

Grace à la localisation de l’Hôtel de la Plume au Vent (à gauche) et au texte de J-Y Sureau j’ai pu retrouver le lieu de la Maison de la Libre-Pensée…

A l’angle de l’ancienne rue de Bétheny, aujourd’hui 2, rue Camille-Lenoir : Salle Vanny, construite en 1891, par l’architecte Charles Payen, pour la Libre Pensée. Démolie en 1913 pour faire place à l’hôtel construit pour Albert Lorin, des Galeries-Rémoises. (source Jean-Yves Sureau dans les Hôtels particuliers du boulevard Lundy)

Vernouillet, Léon.
(1831-1900). Conseiller général. Né à Villexanton (Loir-et-Cher) le 19 juillet 1831, mort à Reims, 4, rue de Bétheny, le 17 avril 1900. Léon Vincent Vernouillet, républicain actif, fut envoyé en Afrique par le gouvernement impérial qui lui fit, dit-on, traverser la France entièrement à pied et ne lui épargna pas la prison. Arrivé à Reims en 1868 il s’établit épicier rue du Mont-d’Arène où il resta 30 ans. Élu du 4e canton au Conseil général, il fut un membre influent du mouvement de la Libre pensée. (source Jean-Yves Sureau, dans Biographies)

CPA : Pierre Fréville

Hôtel de la Plume au vent

Il y a tout juste 100 ans cette photographie du 26 août 1917 a été prise à l’angle du Boulevard Lundy et de la rue Camille Lenoir (ancienne rue de Bétheny)

Source : Collection BDIC/Gallica, fonds Valois (cote BDIC_VAL_049_095)

L’ancien hôtel de la Plume au Vent, rendez-vous des messagers qui desservaient les Ardennes. Démoli durant la Grande-Guerre, on construisit sur son emplacement un important immeuble de rapport pour Mme Descubes-Saint-Désir, sur les plans de l’architecte J. Adrien Bastié, en 1923. (Sources Jean-Yves Sureau, la vie rémoise dans  Les hôtels particuliers du boulevard Lundy)

Seul le pignon arrondi de la maison de la rue Camille-Lenoir a permis de localiser exactement cette photographie

Le boulevard Lundy et les organisations défensives

Photographie prise le 1 mars 1918, Collection BDIC-BNF fonds Vallois (ref : BDIC_VAL_050_081)
Après la DAFCO et le CAFOC c’est le champagne Jacquart qui occupe le très bel hôtel particulier de gauche.

Boulevard Lundy, l’hôtel particulier de M. Raoul de Bary

Il ne reste plus que le bâtiment de droite, la loge ? L’Hôtel a complètement disparu.

En me basant sur le pilier du portail de l’entrée de la première carte postale, j’ai pu réaliser la seconde prise de vue que je cherchais depuis longtemps à faire

La carte postale ancienne a été réalisée en mars 1915 et envoyée en avril 1916.

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On peut lire dans les notices des décès d’Eugène Dupont :

1889 : Peu de temps auparavant, on avait eu à déplorer la mort atroce d’un jeune musicien, violoniste et professeur, Lucien Gautier, 19 ans, dont on relève le tronçon de cadavre, carbonisé, parmi les décombres de l’hôtel Alexandre de Bary, boulevard Lundy, à l’aube morne glacée du 13 février.

La soirée dansante donnée le 12 au soir dans cette riche demeure s’achevait, sous les accents entraînants d’un orchestre dirigé par François Gautier, et dont Lucien faisait partie, comme altiste à cordes, en compagnie de ses frères Gabriel et Arthur, violonistes.
Par le contact accidentel de la bougie allumée d’un pupitre avec les soieries ancestrales de tenture, encadrant la salle et l’estrade, le feu se communique à la ronde, instantanément, intense.
Affolement général, et fort excusable. Tous s’empressent vers une sortie. Seul, le jeune artiste, ayant vu son père quitter, peu d’instants avant, sa place à l’orchestre, et le croyant monté au buffet du 2e étage, s’élance dans cette direction, enjambe 4 à 4 les marches de l’escalier s’ouvrant derrière l’estrade, pour sa mission de sauvetage… Le brave et malheureux enfant ! En revenant sur ses pas, n’ayant rien vu, l’infortuné trouve le chemin barré, et une intense fumée qui l’étouffe et le terrasse ; les flammes font le reste !
D’autres victimes, il y en eut quatre, légèrement brûlées, des dames, – la panique du Bazar de la Charité s’étant renouvelée, avec des scènes aussi écœurantes ! – et des blessures insignifiantes, par bourrades ou chutes.
Lucien rachetait la vie d’autres êtres, pour le cas où celles-ci eussent été désignées pour l’holocauste. Les consolations allèrent vers les blessés, et surtout au richissime Holden, qui venait de perdre son fils ; non à François Gautier et les siens.
Le bruit ayant couru que le sinistré avait fait don de 30.000 fr. à la famille de la grande victime, il fallut s’en défendre : les bontés d’A. de Bary se bornèrent au versement de 1000 fr. à titre d’indemnité pour instrument et répertoire détruits, plus les frais d’inhumation, et le coût d’un terrain au Cimetière du Nord, canton 13.

Source : La Vie Rémoise site de Jean-Yves Sureau

Boulevard Lundy, l'hôtel de M. Raoul de Bary
Boulevard Lundy, l’hôtel de M. Raoul de Bary

 

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Le boulevard Lundy et l’Hôtel particulier Mignot

Seul l’Hôtel particulier Mignot construit en 1908, est encore là, bien restauré

Dans la Vie Rémoise on peut lire concernant cette magnifique maison :

« Dans ses mémoires, Charles Théron (1878-1959), administrateur des Docks Rémois, nous conte que lors d’une réception à la suite de son emménagement, en 1909, dans l’hôtel particulier du 3, place Godinot, ses collègues administrateurs furent un peu étonnés du confort, non pas luxueux, ce serait exagéré dit-il, mais bourgeois, et que piqués dans leur amour propre – alors qu’il n’avait pas cherché à les éclipser, affirme-t-il – ils firent construire : Messieurs François et Pigeon sur le boulevard Lundy. Monsieur Mignot, ne voulant pas faire figure de concurrent pauvre, construisit lui aussi un très somptueux hôtel sur le même boulevard, que les Rémois appelèrent l’avenue des épiciers…

… Nous sommes en présence d’une riche demeure, construite avec sobriété dans un style Louis XVI modernisé. De l’hôtel Radière, Édouard Mignot avait une vue directe sur l’hôtel Werlé, la plus somptueuse demeure du boulevard. Son architecte s’en est-il inspiré ? c’est fort possible, car on y retrouve quelques similitudes…

Édouard Mignot choisit un architecte parisien, qui signera F.A.B. Bocage, et qui avait déjà signé le bel immeuble cossu de ses beaux-parents, où se réfugièrent Mme Mignot et ses enfants, en décembre 1914, au 4, chaussée de la Muette, dans le 16e arrondissement[18]. Selon René Druart, il était architecte DPLG à Paris et y était né en 1889. S’agit-il d’Adolphe Bocage, qui fut, comme Auguste Perret, l’élève de Jules Guadet à l’École des Beaux-Arts de Paris. Celui-ci est passé à la postérité pour un immeuble construit en 1908 au 9, rue de Hanovre à Paris 2e. Il s’agit d’un bâtiment commercial en béton décoré de grès d’inspiration marine, d’un style résolument différent de celui de l’hôtel Mignot. Mais pourquoi pas ? d’autres exemples nous sont connus.

Construite à proximité du Temple, sur une grande parcelle libérée par l’entreprise de roulage Delarsille-Fassin, la maison a pour voisin de droite le ravissant hôtel occupé à l’époque par les Hourblin. Il fut précédemment la résidence des Warnier-David et antérieurement celle des Kunkelmann. Le jardin en terrasse de cet hôtel, qui surplombait le boulevard Lundy, a été sacrifié et rentabilisé, en 1997…
…Notre hôtel présente donc quatre façades, élevées en pierre de taille, d’un appareillage très soigné, et comporte 5 niveaux. Un premier étage, élevé sur rez-de-chaussée réservé au service, s’éclaire par de grandes baies en plein cintre, à balustres de pierre, ornées de trophées champêtres. Les fenêtres du second étage, moins hautes, sont encadrées de moulures et ont des garde-corps en ferronnerie du plus pur style Louis XVI. La toiture à terrasson de zinc offre de très importants brisis d’ardoise, semblables à ceux de l’hôtel Werlé. Des lucarnes en pierre, dont certaines sont encadrées de cheminées monumentales, éclairent l’étage mansardé. Une série d’œils-de-bœuf en zinc, ou en plomb, ornés de guirlandes, surplombent les lucarnes. Sur la droite de la façade, à l’alignement du boulevard, est accolé un chartil donnant accès aux appartements par une belle porte cochère, en plein cintre, orné de guirlandes elles-mêmes surmontées de postes à hauteur d’un toit-terrasse. L’imposte, de la porte en chêne naturel, est sculptée de pots-à-feu fumants. Ce chartil s’ouvre sur le jardin par une élégante grille en fer forgé, vitrée, ornée du monogramme M dans son imposte. Il donne accès au grand escalier d’honneur, à double révolution, en marbre blanc, et à l’ascenseur capitonné de velours cramoisi. La façade Sud, qui peut-être considérée comme la principale, offre deux avant-corps encadrant une large baie éclairant le bureau-bibliothèque revêtu de boiseries de hauteur en chêne sculpté. La façade vers la rue Andrieux comporte un hémicycle surmonté d’un dôme engagé. Un accès au jardin, dans l’axe du chartil, se fait par une grille au n° 14 de cette rue…. »

Source : Jean-Yves Sureau dans la Vie Rémoise

 

Boulevard Lundy