Samedi 24 juin 1944

Jacqueline m’écrit le 19 juin, m’apprend qu’il y a eu 300 arrestations à Reims dans tous les milieux dont un de leurs amis et sa femme. De plus toute la municipalité, maire en tête, et un avocat très en vue, et le procureur, et Mg l’Archevêque lui-même qui aurait pourtant été laissé dans son archevêché, prisonnier sur parole. Tous sont à Châlons-sur-Marne, otages qui doivent sans doute répondre de la tranquillité de la ville, jusqu’ici pourtant bien calme. Mais aucune crainte n’arrêtera sans doute l’action des dissidents que la radio anglaise exalte à chaque émission, tandis que celle de Vichy les condamne, en exaltant, elle, la milice chargée de les combattre. Car il y a des combats réels, sérieux, atroces entre Français.

Malgré son ton volontairement enjoué, la lettre de Jacqueline m’a bien serré le cœur, avec ses attristantes nouvelles. Tous les Rémois de 25 à 60 ans doivent aller chacun une semaine déblayer et remblayer l’aérodrome de Courcy et le dépôt de chemin de fer. Ils sont 600 à la fois 600 exposés aux bombardements qui visent souvent ces mêmes lieux.

Berthe Brunessaux

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Pendant cette période de la Libération de Reims, nous allons publier, au jour le jour, des extraits du journal de Maurice Houlon (1881 – 1966) et de Berthe Brunessaux (1887-1963) : lire la présentation de Berthe Brunessaux et Maurice Houlon

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