Le Grand Hôtel du Nord
Aujourd’hui, l’hôtel est sous l’enseigne Best Western et le restaurant 3 Brasseurs se trouve au rez-de-chaussée.
La nuit du 25 août 1915, Pierre Loti, en tournée pour l’Armée et après s’être fait expliquer les bombardements répétés de la cathédrale, a passé une nuit agitée dans cet hôtel : Le soleil se couche quand nous entrons à Reims, morne, presque déserte, avec beaucoup de maisons éventrées… …Nous allons d’abord à l’hôtel du Lion d’Or, où je pensais coucher… …mais tout y est ouvert, vitres brisées, et personne pour répondre…On nous indique le dernier hôtel ouvert « de toute sûreté » dans un quartier qui ne reçoit jamais d’obus…
…Au bout d’une rue calme où le bruit de la canonnade s’ assourdi dans le lointain, nous trouvons l’hôtel indiqué : « Des chambres, nous dit le patron très avenant sur le pas de sa porte, oh tant que vous voudrez, même tout l’hôtel, car vous pensez bien que les voyageurs par le temps qui court… messieurs, c’est pas ce qui manque ! »
Fracas épouvantable qui lui coupe sa phrase ! Toutes les vitres de la façade volent en éclats, avec des tuiles, du plâtre, des branches d’arbre… …on nous bombarde avec une belle régularité, comme au métronome ; déjà le mur de la maison est criblé de cicatrices… « Dans la cave Messieurs ! » nous crie l’hôtelier. Extraits de l’article que Loti a publié dans L’Illustration, n.3785 du 18 septembre 1915, et qu’il a rédigé avec son Journal de Guerre qu’il tenait presque chaque jour.

