La « Porta Pretiosa » – Portail Roman
Située sur le croisillon nord de la cathédrale Notre-Dame, du côté de la rue Robert-de-Coucy, la petite porte romane est traditionnellement appelée « Porta Pretiosa », ou « Porte précieuse ».
C’est le plus ancien des trois portails de cette partie de la cathédrale. Son décor sculpté, daté des environs de 1160-1170, est donc antérieur à la cathédrale gothique commencée en 1211. Il conserve encore d’importantes traces de polychromie.
Au centre apparaît la Vierge à l’Enfant en majesté, assise sur un trône. L’ensemble comporte également une scène funéraire et proviendrait d’éléments d’un ancien enfeu, c’est-à-dire d’un monument funéraire, qui furent réemployés dans le portail.
La porte donnait autrefois sur le cloître des chanoines, dont elle fit partie jusqu’au XVIIIe siècle.
L’origine exacte de l’appellation « Porta Pretiosa » reste délicate à établir. Dans un commentaire publié sous cet article, Pascal Sinabac proposait une interprétation symbolique du terme latin pretiosa, en relation avec la Vierge et le caractère précieux des grâces qu’elle dispense. Cette lecture est intéressante, mais doit être considérée comme une hypothèse et non comme une explication historique attestée.
Enfin, la légende de la carte postale indique « Portail Nord ». Cette appellation prête à confusion : la Porta Pretiosa se trouve bien sur le côté nord de la cathédrale, mais elle est visible depuis la rue Robert-de-Coucy.
Carte postale : collection Thomas Geffrelot, éditeur L.L.
– Société des Amis de la Cathédrale. Mais pour en savoir sur cette vierge et la polychromie de la cathédrale, voir dans le site du Rha : la notice 11


Pourquoi « pretiosa »? Que signifie ce terme? Sans avoir eu recours à un livre d’histoire ou d’art sur la cathédrale, je trouve un dictionnaire latin-français qui donne deux sens à ce qualificatif : l’un, riche, et l’autre, prodigue.
Comme le mot est au féminin, il qualifie la Vierge Marie à laquelle est dédié l’édifice religieux.
Selon la tradition chrétienne, Marie – Mère de Dieu (Enfant-Jésus dans ses bras) et Reine du Ciel (elle est assise sur un trône) – distribue ses bienfaits, les grâces qui proviennent de son Fils-Dieu. Elle est donc prodigue de dons; mais pour distribuer, il faut être riche.
Lors de leurs funérailles, les chanoines passaient sous ce porche et le chapitre les confiaient à Marie (« …et maintenant et à l’heure de notre mort »).
La sculpture est entourée du rempart d’une ville et de colonnes d’un palais ou d’un temple. N’est ce pas la « Jérusalem céleste » en laquelle chaque croyant espère à sa mort? Les grâces dispensaient par Marie permettent aux fidèles d’accéder au Ciel où l’attend Jésus-Christ triomphant, peint sur le tympan au dessus. Ou bien est-ce un symbole de la « Tour de David », qualificatif attribué dans les litanies de la Vierge et qui fait allusion à une forteresse ? Marie étant la « Porte du Ciel » (les voiles s’ouvrent).
Les grâces ont une valeur importante, elles ont un prix (pretium, en latin).
Merci pour ces précisions que nous ne connaissions pas !