La Fontaine Subé en 1919
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la place Drouet-d’Erlon est profondément meurtrie. De nombreux immeubles ont disparu ou sont en ruines et, au milieu de ce paysage dévasté, la fontaine Subé est toujours debout, malgré les dommages qu’elle a elle-même subis.
Au sommet se trouve encore la Victoire ailée originale, œuvre du sculpteur Paul Gascq, installée lors de l’inauguration de la fontaine en 1906.
Cette statue en bronze survivra à la Grande Guerre, mais pas à la suivante : elle sera déposée en 1942 pendant l’Occupation, puis disparaîtra.
Il faudra attendre 1989 pour que, sur l’insistance de l’architecte rémois Bernard Fouqueray, une nouvelle Victoire ailée retrouve le sommet de la fontaine. Réalisée par le sculpteur Jean Barat à partir d’une réduction de l’œuvre de Paul Gascq, elle présente une silhouette différente : l’ancienne Victoire était représentée au repos, tandis que l’actuelle apparaît en mouvement.
Voilà pourquoi, en comparant attentivement les deux photographies, « l’ange » de 1919 n’est pas tout à fait celui que nous connaissons aujourd’hui.

