Marcel Rousseau (1892-?)
Né en 1892, Marcel Rousseau fait partie des architectes qui participent activement à la Reconstruction de Reims dans les années 1920.
Il travaille d’abord en association avec Émile Thion, architecte déjà expérimenté avant la Grande Guerre. Leur collaboration se poursuit jusqu’en 1926. Rousseau exerce ensuite seul à Reims, avec un cabinet installé 4 rue Kellermann, avant de quitter la ville en 1932. Dominique Potier le signale également comme membre de la Société des Architectes de la Marne en 1927. Carnet de Sentier
Sa date de décès ne semble pas établie dans les sources que nous utilisons : mieux vaut donc conserver pour l’instant Marcel Rousseau (1892-?).
Avec Émile Thion
À Reims, Marcel Rousseau s’associe à Émile Thion, avec lequel il participe activement à la Reconstruction. Ensemble, ils réalisent notamment le Comptoir de l’Industrie, rue Cérès, et le cinéma Opéra, rue de Thillois. Leur association prend fin en 1926 ; Marcel Rousseau poursuit alors seul son activité à Reims jusqu’en 1932.
Le Comptoir de l’Industrie
Reconstruit en 1922, le Comptoir de l’Industrie, rue Cérès, constitue l’une de leurs œuvres les plus remarquables.
Alors que l’Art déco s’impose progressivement dans la ville reconstruite, Thion et Rousseau restent ici attachés à un vocabulaire issu de l’Art nouveau, avec des références à l’École de Nancy : lignes végétales, consoles élancées et abondant décor de façade. Reimsavant
Le cinéma Opéra
Les deux architectes réalisent également le cinéma Opéra, 9-11 rue de Thillois, construit au début des années 1920.
Sa façade spectaculaire mêle verrières, balcons, sculptures, sgraffites et marquises aux formes organiques. Elle constitue aujourd’hui le principal vestige de la salle d’origine et est protégée au titre des Monuments historiques.
Le Comptoir de l’Industrie et l’Opéra montrent ainsi une particularité intéressante de Thion et Rousseau : leur architecture de la Reconstruction conserve volontiers les courbes et le goût du décor de l’Art nouveau tout en annonçant l’Art déco.
D’autres réalisations
Leur production rémoise comprend également le Café Louis XV, 5 rue Cérès, ainsi que l’immeuble du 40 rue Voltaire, dont le permis de construire n° 2224 est déposé pendant leur période d’association.
À ces constructions s’ajoute notamment l’immeuble du 50 rue Buirette, PC 2781 de 1923. Reims
Rousseau seul
Après la fin de son association avec Émile Thion en 1926, Marcel Rousseau poursuit son activité à Reims pendant quelques années.
On lui doit notamment le 58 rue de Thillois, le 45 cours Jean-Baptiste-Langlet, ainsi qu’un étonnant garage surmonté d’une pergola, construit cours Langlet avec accès depuis la rue des Telliers.
Cette seconde période permet de ne pas réduire Rousseau au simple collaborateur de Thion : il continue à participer personnellement à l’architecture de la ville reconstruite jusqu’à son départ de Reims en 1932.
Sur ReimsAvant
- Le Comptoir de l’Industrie
- Le cinéma Opéra
- La rue Cérès depuis la place Royale
- La rue Cérès et le Comptoir de l’Industrie
Sur Archi Reims Déco
- 40 rue Voltaire
- 5 rue Cérès : l’ancien Café Louis XV
- Rue de-thillois
- Cours Langlet
- La façade du cinéma Opéra
Sources et bibliographie
- Archives municipales et communautaires de Reims, fonds des permis de construire de la Reconstruction. Marcel Rousseau exerce d’abord en association avec Émile Thion jusqu’en 1926, puis seul jusqu’en 1932.
- Archives municipales et communautaires de Reims, Dominique Potier, Reims 1920-1930 – Les architectes de la Reconstruction : https://www.reims.fr/fileadmin/reimsAchitectesReconstruction_DPOTIER.pdf
- Olivier Rigaud et Marc Bédarida, Reims. Reconstruction 1920-1930, Reims, 1988.
- Olivier Rigaud, Reims à l’époque de l’Art déco. Une ville reconstruite après la Première Guerre mondiale, CRDP Champagne-Ardenne, 2006.
