Constant Ouvière
En quelques mots
Constant Ouvière fait partie des architectes venus à Reims au lendemain de la Grande Guerre pour participer à la Reconstruction. Installé dans la ville en 1919, il y mène pendant quelques années une activité particulièrement soutenue : Olivier Rigaud et Marc Bédarida recensent 72 permis de construire déposés à son nom.
Mais son agence est également intéressante par les architectes qui y travaillent. Maurice Clauzier devient son collaborateur à partir de 1923 et y exerce comme chef d’agence. Rodolphe Mériaux, gendre de Constant Ouvière, travaille également à ses côtés. Lorsque Ouvière cesse son activité rémoise vers le milieu des années 1920, Clauzier et Mériaux poursuivent ensemble l’activité du cabinet. Dominique Potier situe l’installation à son compte de Clauzier avec Mériaux en 1924. Reims
Une courte mais intense activité rémoise
Les constructions de Constant Ouvière témoignent de la diversité de l’architecture de la Reconstruction. Maisons particulières, immeubles de rapport et commerces adoptent des expressions très différentes, du pittoresque à un Art déco beaucoup plus monumental.
Au 14 place Aristide-Briand, Ouvière construit pour lui-même le Café de l’Esplanade. Un premier projet prévoyait un immeuble plus élevé, mais le programme finalement réalisé adopte une silhouette plus pittoresque, avec un angle marqué par un grand pignon et un décor sculpté dû aux Berton. Les dessins sont signés par Maurice Clauzier, alors chef d’agence chez Ouvière. Reimsavant
Le même lien entre Ouvière et Clauzier apparaît au 1-3 rue du Château-Porte-Mars : le recensement patrimonial du Grand Reims attribue cet immeuble de rapport en béton armé à Constant Ouvière, sur dessin de Maurice Clauzier, et le date de 1922. Source : Grand Reims
L’hôtel particulier du docteur Fontaine
L’une des réalisations les plus remarquables d’Ouvière à Reims est l’hôtel particulier du docteur Fontaine, au 41 cours Jean-Baptiste-Langlet.
Le permis de construire est délivré le 28 juin 1923. L’entreprise Blondet réalise les travaux ; les ferronneries sont dues à Edgar Brandt, tandis que Joubert et Philippe Petit interviennent dans le décor.
Avec sa composition monumentale et son riche décor, cette demeure contraste avec les maisons plus modestes construites par Ouvière dans d’autres quartiers. La documentation patrimoniale de la Ville la cite d’ailleurs comme l’un des exemples les plus ostentatoires de l’architecture privée de la Reconstruction.
Une production très variée
Les nombreuses maisons conservées permettent de mesurer la diversité de son travail : 14 rue Payen, construit en 1922 ; 47 rue Libergier ; 86 rue des Capucins ; 9 avenue de Laon ; ou encore les 8 et 8 bis avenue Jean-Jaurès.
L’emploi de la brique, de la pierre, des mosaïques, de la ferronnerie et du décor sculpté varie d’une réalisation à l’autre. Cette production, concentrée sur quelques années seulement, contribue fortement au nouveau visage des quartiers rémois reconstruits après 1918.
Constant Ouvière et Maurice Clauzier
Le parcours d’Ouvière est enfin indissociable des débuts professionnels de Maurice Clauzier à Reims. Après avoir travaillé pour Émile Fanjat puis Beaumet et Menet, Clauzier entre dans l’agence Ouvière en 1923. Reims
Cette collaboration explique que certains projets officiellement attribués à Constant Ouvière portent en réalité la signature graphique de Clauzier. La reprise du cabinet par Maurice Clauzier et Rodolphe Mériaux assure ensuite une continuité entre l’agence Ouvière et une nouvelle génération d’architectes de la Reconstruction.
