Jacques Rapin (1889-1953)
En quelques mots
Né à Paris le 28 septembre 1889, Jacques Rapin appartient à une famille d’artistes. Son père, Alexandre Rapin, est peintre paysagiste et son frère aîné Henri Rapin devient l’un des grands décorateurs français de la première moitié du XXe siècle. Il est mort en 1953 à Bourg-la-Reine.
Architecte, mais aussi sportif et aviateur, Jacques Rapin s’installe à Reims où il épouse Suzanne Piquart, fille de l’architecte Henri Piquart. Après la Grande Guerre, il reprend le cabinet de son beau-père et participe activement à la Reconstruction de la ville.
Les recherches de Laurent Antoine ont permis de mieux mesurer l’importance de son activité rémoise : il recense 31 permis de construire, principalement durant les premières années de la Reconstruction. Reims Histoire Archéologie
Un architecte de la Reconstruction
Jacques Rapin construit à Reims de nombreuses maisons particulières et immeubles de rapport. Parmi ses réalisations figurent notamment des immeubles rue Gambetta, avenue Jean-Jaurès, avenue de Paris, rue de Venise, ainsi que plusieurs constructions rue Courmeaux.
L’une des plus remarquables est l’immeuble du 20-22 rue Courmeaux, construit en 1923. Dominique Potier le considère comme l’un des plus beaux immeubles de la Reconstruction rémoise. Sa composition et son décor témoignent pleinement du renouvellement architectural des années 1920. Reims
La piscine du Tennis Club
L’œuvre rémoise la plus emblématique de Jacques Rapin reste la piscine du Tennis Club de Reims, rue Lagrive.
Le Tennis Club est aménagé après la guerre sous la direction de l’architecte-paysagiste Édouard Redont, auquel sont dus le plan général du parc et le club-house. Jacques Rapin reçoit pour sa part la réalisation de la piscine, construite en 1922-1923 en béton armé. Reims
Avec sa pergola, ses colonnes jumelées, ses mosaïques et ses décors évoquant les thermes antiques, la piscine constitue l’un des ensembles Art déco les plus originaux de Reims. Elle possédait à l’origine deux plongeoirs aujourd’hui disparus. L’ensemble de la piscine et de son décor est protégé au titre des Monuments historiques depuis 2001. Pop Culture
L’Automobile-Club
En 1924, Jacques Rapin réalise également un hôtel particulier au 3 boulevard de la Paix, lié à l’Automobile-Club. Le permis de construire n° 4838 est déposé cette année-là.
Le décor fait intervenir l’atelier Berton pour les staffs et Jacques Simon pour les vitraux, réalisés d’après des cartons de l’architecte. Cette réalisation illustre bien l’intérêt de Rapin pour une architecture dans laquelle bâtiment, décor et arts appliqués sont étroitement associés. Reims
Rapin et la vie artistique rémoise
Jacques Rapin ne se limite pas à la construction d’immeubles. Il participe pleinement à la vie artistique de la ville reconstruite.
En 1926, il organise avec l’architecte Émile Maigrot les festivités de « Reims Magnifique », organisées à l’occasion du retour du 100 000e habitant. Il participe également à l’Exposition internationale des Meilleures Marques organisée à Reims en 1928. Reimsavant
Son activité s’étend par ailleurs aux arts décoratifs et au mobilier, parfois en collaboration avec son frère Henri.
Un « sportman » et un aviateur
Le personnage dépasse enfin largement le cadre de l’architecture. Sportif et passionné d’aviation, Jacques Rapin est également un ancien aviateur de la Grande Guerre.
Cette facette explique sans doute son intérêt particulier pour les équipements sportifs et notamment pour le Tennis Club, où architecture, sport et modernité se rejoignent.
Les recherches menées par Laurent Antoine ont permis de faire ressortir ces différentes facettes de Jacques Rapin et de restituer une partie de son œuvre disparue, notamment le grand plongeoir de la piscine du Tennis Club, reconstitué et imprimé en 3D à l’échelle 1/20. Reims Histoire Archéologie
