Rue du Docteur Pozzi
Michel Thibault m’a permis d’utiliser cette photo insolite prise pendant l’Occupation allemande.
Nous devons au docteur Éric Brunessaux le mérite de l’avoir localisée, ce qui ne fut pas une mince affaire !
Mon ami Michel Thibault m’avait demandé de l’aider à identifier la maison et la rue d’une photo datant de la Deuxième Guerre Mondiale où l’on voit trois soldats Allemands, dont l’un boit une bouteille de champagne. J’ai pensé que le meilleur endroit pour commencer la recherche était le centre-ville de Reims, ce type de maison est généralement situé dans le centre et les Allemands n’avaient pas l’habitude à priori de s’en éloigner. Mon épouse Claire et moi-même avons donc décidé, un dimanche après-midi, de parcourir les rues, les boulevards, avenues et places en voiture pour situer ce cliché.
Je conduisais tandis qu’elle observait les façades et notait chaque rue pour éliminer celles sans résultat correspondant à notre recherche. Après une longue période sans succès, elle a cependant remarqué une grille au 5 rue de L’Arquebuse qui correspondait exactement à celle de la photo mais l’architecture était différente.
Étant donné que l’exploration minutieuse rue par rue prenait beaucoup de temps, j’ai décidé d’utiliser l’IA. J’ai pris une photo de la ferronnerie du balcon de la maison et je l’ai soumise à l’IA pour savoir où dans Reims je pouvais trouver ce type de réalisation.
La réponse fut celle-ci :
L’IA précisait qu’il s’agissait d’un garde-corps en fonte (Napoléon III/haussmannien) avec des arches ovales et des chapelets de feuilles de chêne/glands, répertorié dans les relevés patrimoniaux de la rue de l’Arquebuse sous la catégorie “balcons – grilles – fonte”. Il y avait de fortes chances de trouver le même modèle dans le centre-ville, car les garde-corps en fonte et les motifs étaient similaires.
Avec plus de précision, les rues suivantes furent désignées par l’IA comme fortement possible :
La rue du Marc, entre la Place Royale et la rue Henri-IV, riche en garde-corps de la même époque. La rue Henri-IV, autour des Halles/Boulingrin et de l’angle Jovin, présente plusieurs façades avec des garde-corps en fonte répétitifs. La rue de Mars, notamment au numéro 25 angle Henri-IV, offre des immeubles avec des décors végétaux et des garde-corps. Près du boulevard Foch, la rue Thiers a de nombreuses fenêtres de la reconstruction avec des garde-corps en fonte rapportés. La rue du Temple et les rues adjacentes dans le secteur des halles du Boulingrin témoignent d’une succession d’immeubles avec des ferronneries et des garde-corps typiques.
Travaillant à proximité de ces rues mentionnées par l’IA et me déplaçant en vélo, j’ai commencé mon exploration en rejoignant mon domicile.
J’ai rapidement remarqué la même ferronnerie sur un immeuble au début de la rue de La Grosse Écritoire, mais au premier étage et pas exactement identique bien que très proche de celle du cliché. Un début encourageant.
Puis, en empruntant la rue du Temple, j’allais continuer dans la rue Andrieux lorsque j’ai aperçu sur ma droite une petite rue, la rue du Docteur Pozzi. Je me suis arrêté devant le numéro 3, il s’agissait bien cette fois-ci de la maison où les trois soldats avaient été photographiés. Une belle découverte.Eric Brunessaux
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