Rue Libergier

Le pont de la rue Polonceau

Le secteur de la Chaussée Bocquaine a été très bouleversé depuis le siècle dernier, surtout avec l’arrivée de la « Voie Jean Taittinger » (ex autoroute A4).
« L’ancienne rue Polonceau fut dénommée en 1887 en place de la Chaussée Hannier. Elle rejoignait la rue Souyn en passant sur la Rivière-Brûlée et s’appela en 1925 « rue Polonceau » (du pont sur la Vesle au pont sur la rivière Brûlée, et « rue Souyn » de ce dernier pont à la rue de Courlancy. A la suite de sa disparition en 1978, on dénomma une allée Polonceau. » (La Vie Rémoise)
La rue Polonceau était presque en prolongement de la rue Libergier, mais de l’autre côté du canal.
La rivière Brûlée, quant à elle, était un bras de la Vesle qui passait aux environs de l’actuel Parc Léo Lagrange. Devenue un cloaque, elle fut remblayée dans les années 1970 et disparue définitivement.
Cet avant-après est très approximatif car le cours de la Vesle a été modifié et le pont Polonceau, où a été prise la carte postale, était en fait plus près du canal, à la place de la voie rapide !  La photo actuelle est prise en contre-bas du pont Charles-de-Gaulle vers le Centre International de Séjour.
Carte postale : collection Pierre Fréville (Amicarte 51)
Par la suite, le pont de bois fut remplacé par un pont métallique. Carte postale : collection Michel Thibault (Amicarte 51)
La rivière Brûlée (carte postale : collection Pierre Fréville)

Rue Libergier au début du XXe siècle

Carte postale ancienne : Pierre Fréville. Photographie récente de 2012

Malgré l’écriture on aperçoit bien les deux cheminées d’usine de l’autre côté de la Vesle, du côté de l’actuel quartier Courlancy.
On peut lire que, déjà à cette époque, il y avait des collectionneurs de cartes postales et que ceux-ci essayaient d’échanger leurs doublons.

libergier-P-Freville-2012

Le Lycée Libergier

D’abord Ecole Professionnelle de garçons en 1874, l’établissement devient 10 ans après Ecole primaire supérieure.
C’est en 1885 qu’une section commerciale y est créée. En 1893, elle est rattachée au Ministère du Commerce sous le nom d’ Ecole Pratique de Commerce et d’Industrie de garçons. En septembre 1930, les élèves s’installent dans de nouveaux locaux (actuellement lycée Roosevelt).
Les bâtiments, ainsi libérés rue Libergier, vont alors abriter jusqu’en 1939 une Ecole primaire secondaire de jeunes filles qui accueille déjà à l’époque environ 1000 élèves. De nombreux enseignements y sont dispensés, les classes comportent de 35 à 40 élèves ! On y prépare des diplômes permettant d’accéder aux carrières de l’enseignement.
L’école deviendra après la 2ème guerre mondiale un collège moderne de jeunes filles, puis un Lycée Technique nationalisé en 1961. En 1963 , l’Internat ouvre ses portes, rue des Augustins.
En 1968, le lycée devient Lycée d’Etat . Ce n’est qu’en 1974 qu’il prendra le nom de Lycée d’Etat Hugues Libergier. (Historique du Lycée Libergier)
EcoleProf-RA

Le canal et la rue Libergier

La création d’un distributeur urbain pour mieux irriguer et desservir la ville, le long de la Vesle, a nécessité la création de la bretelle inesthétique qu’on peut voir sur cette vue actuelle.

canal-libergier

Pour comprendre le changement spectaculaire opéré entre ces deux vues, il faut savoir que :

Le plan Rotival a été élaboré dans le cadre de la nouvelle réglementation qui institue en 1958 les plans d’urbanisme directeurs qui tracent le cadre général d’aménagement et de développement des villes. Ces plans sont induits par l’essor démographique avec une population qui double entre 1954 et 1968 (baby-boom) et par le développement économique de l’après-guerre et de la reconstruction après la seconde guerre mondiale.

Dépassant le strict cadre de la réglementation des anciens plans et leur vision empirique de l’avenir, la municipalité rémoise qui connaît un nouveau dynamisme avec l’élection de Jean Taittinger comme député de la Marne en 1958 et comme maire de Reims en 1959, va engager une nouvelle dynamique de développement rompant en cela avec l’approche prudence et limitée de la municipalité précédente avec le pharmacien René Bride. C’est dès 1956 que le CEARR prend contact avec l’urbaniste Maurice Rotival (1897-1980) associé à Henri Prost un des premiers urbanistes de la SFU et membre du Musée social. Dès 1958, Jean Taittinger intervient auprès du Ministre de la construction, Pierre Sudreau qui choisit Reims comme champ d’application de la méthode de « planification scientifique » développée par Maurice Rotival. C’est à cette époque que Jean-François Gravier dresse son bilan d’une France coupée en deux : Paris et le reste, avec son ouvrage : Paris et le désert français. Aussi, la stratégie développée par le nouveau pouvoir local regroupé autour du CEARR et la CCI avec Jean Taittinger va être d’attirer à Reims des entreprises trop à l’étroit dans le contexte parisien pour induire une dynamique de développement de la région rémoise afin de prendre le relais d’une industrie textile sur le déclin.

Source Wikepédia

Par contre l’aménagement de la Coulée verte, plus récente, trait d’union entre l’est et l’ouest de la ville, évolue entre la Vesle et le canal c’est un espace qui, au fil de l’eau, se prête aux pratiques sportives, à la promenade, aux animations.

coulee-verte

La rue Libergier, le canal

La création d’un distributeur urbain pour mieux irriguer et desservir la ville, le long de la Vesle, a nécessité la création de la bretelle inesthétique qu’on peut voir sur cette vue actuelle.

Pour comprendre le changement spectaculaire opéré entre ces deux vues, il faut savoir que :

Le plan Rotival a été élaboré dans le cadre de la nouvelle réglementation qui institue en 1958 les plans d’urbanisme directeurs qui tracent le cadre général d’aménagement et de développement des villes. Ces plans sont induits par l’essor démographique avec une population qui double entre 1954 et 1968 (baby-boom) et par le développement économique de l’après-guerre et de la reconstruction après la seconde guerre mondiale.

Dépassant le strict cadre de la réglementation des anciens plans et leur vision empirique de l’avenir, la municipalité rémoise qui connaît un nouveau dynamisme avec l’élection de Jean Taittinger comme député de la Marne en 1958 et comme maire de Reims en 1959, va engager une nouvelle dynamique de développement rompant en cela avec l’approche prudence et limitée de la municipalité précédente avec le pharmacien René Bride. C’est dès 1956 que le CEARR prend contact avec l’urbaniste Maurice Rotival (1897-1980) associé à Henri Prost un des premiers urbanistes de la SFU et membre du Musée social. Dès 1958, Jean Taittinger intervient auprès du Ministre de la construction, Pierre Sudreau qui choisit Reims comme champ d’application de la méthode de « planification scientifique » développée par Maurice Rotival. C’est à cette époque que Jean-François Gravier dresse son bilan d’une France coupée en deux : Paris et le reste, avec son ouvrage : Paris et le désert français. Aussi, la stratégie développée par le nouveau pouvoir local regroupé autour du CEARR et la CCI avec Jean Taittinger va être d’attirer à Reims des entreprises trop à l’étroit dans le contexte parisien pour induire une dynamique de développement de la région rémoise afin de prendre le relais d’une industrie textile sur le déclin.

Source Wikepédia

Canal, Libergier