Hôtel particulier

Rue de Talleyrand, l’hôtel particulier Georget.

Cet hôtel particulier a été construit pour Monsieur Alexandre Georget. On sait, par l’indiscrétion d’un dessinateur du cabinet de Charles Payen, qu’Alexandre Georget refusa le projet de son architecte en réclamant quelque chose de plus frappant. Il aurait déclaré : Je veux que l’on dise c’est la maison Georget (il a eu gain de cause !). Payen eut alors l’idée des cariatides et ce fut Léon Chavalliaud qui les exécuta.

Léon Chavalliaud : (1858-1919). Statuaire. Né à Reims, 47, rue de Châtivesle, le 29 janvier 1858, décédé à Boissy-sans-Avoir (Seine-et-Oise) le 5 février 1919. Léon Chavalliaud, fut apprenti modeleur dans l’atelier Bulteau, rue Buirette, puis entra à l’école des Beaux-Arts, muni d’une bourse de la Ville. Il fut l’élève de Falguière, Jouffroy, et surtout Roubaud jeune. Après avoir travaillé en 1880 aux cariatides de la façade sur cour de l’Hôtel de Ville, il obtint avec sa « Mère Spartiate » un prix de Rome. Il s’attela à la confection de bustes, de portraits qui, peu à peu, lui établirent une solide réputation. À la suite d’un engagement il resta quinze ans en Angleterre. Les cariatides qui ornaient l’Hôtel de Ville ont été détruites dans l’incendie de 1917. Par contre, on peut toujours admirer, bien que mutilées, celles qui ornent la façade de l’hôtel Georget, 43, rue de Talleyrand. Il épousa Marie Julienne Rousseau et repose au Cimetière du Nord depuis 1923.

Source : La Vie Rémoise de Jean-Yves Sureau

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Boulevard Lundy, l’hôtel particulier de M. Raoul de Bary

Il ne reste plus que le bâtiment de droite, la loge ? L’Hôtel a complètement disparu.

En me basant sur le pilier du portail de l’entrée de la première carte postale, j’ai pu réaliser la seconde prise de vue que je cherchais depuis longtemps à faire

La carte postale ancienne a été réalisée en mars 1915 et envoyée en avril 1916.

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On peut lire dans les notices des décès d’Eugène Dupont :

1889 : Peu de temps auparavant, on avait eu à déplorer la mort atroce d’un jeune musicien, violoniste et professeur, Lucien Gautier, 19 ans, dont on relève le tronçon de cadavre, carbonisé, parmi les décombres de l’hôtel Alexandre de Bary, boulevard Lundy, à l’aube morne glacée du 13 février.

La soirée dansante donnée le 12 au soir dans cette riche demeure s’achevait, sous les accents entraînants d’un orchestre dirigé par François Gautier, et dont Lucien faisait partie, comme altiste à cordes, en compagnie de ses frères Gabriel et Arthur, violonistes.
Par le contact accidentel de la bougie allumée d’un pupitre avec les soieries ancestrales de tenture, encadrant la salle et l’estrade, le feu se communique à la ronde, instantanément, intense.
Affolement général, et fort excusable. Tous s’empressent vers une sortie. Seul, le jeune artiste, ayant vu son père quitter, peu d’instants avant, sa place à l’orchestre, et le croyant monté au buffet du 2e étage, s’élance dans cette direction, enjambe 4 à 4 les marches de l’escalier s’ouvrant derrière l’estrade, pour sa mission de sauvetage… Le brave et malheureux enfant ! En revenant sur ses pas, n’ayant rien vu, l’infortuné trouve le chemin barré, et une intense fumée qui l’étouffe et le terrasse ; les flammes font le reste !
D’autres victimes, il y en eut quatre, légèrement brûlées, des dames, – la panique du Bazar de la Charité s’étant renouvelée, avec des scènes aussi écœurantes ! – et des blessures insignifiantes, par bourrades ou chutes.
Lucien rachetait la vie d’autres êtres, pour le cas où celles-ci eussent été désignées pour l’holocauste. Les consolations allèrent vers les blessés, et surtout au richissime Holden, qui venait de perdre son fils ; non à François Gautier et les siens.
Le bruit ayant couru que le sinistré avait fait don de 30.000 fr. à la famille de la grande victime, il fallut s’en défendre : les bontés d’A. de Bary se bornèrent au versement de 1000 fr. à titre d’indemnité pour instrument et répertoire détruits, plus les frais d’inhumation, et le coût d’un terrain au Cimetière du Nord, canton 13.

Source : La Vie Rémoise site de Jean-Yves Sureau

Boulevard Lundy, l'hôtel de M. Raoul de Bary
Boulevard Lundy, l’hôtel de M. Raoul de Bary

 

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