Léon Margotin (1859-1937) et Marc Margotin (1896-1978)
De père en fils
Léon Margotin appartient à une famille d’architectes étroitement liée à l’histoire de l’architecture rémoise. Né à Reims en 1859, il étudie à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Julien Guadet et obtient son diplôme en 1887.
Il épouse en 1891 Marie-Suzanne Pauline Thiérot, fille de l’architecte rémois Édouard Thiérot, avec lequel il travaille avant de reprendre son cabinet. Cette filiation professionnelle explique que son nom apparaisse parfois dans les sources sous la forme Margotin-Thiérot.
Son fils Émile Marc Margotin, né à Reims en 1896, choisit à son tour l’architecture. Entré à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1920, il fréquente notamment les ateliers de Léon Jaussely, Eugène Chifflot et Roger-Henri Expert. Il obtient son diplôme en 1934.
Léon Margotin et la Reconstruction
Déjà architecte reconnu avant la Grande Guerre, Léon Margotin poursuit son activité lors de la Reconstruction de Reims. Il travaille notamment avec Louis Roubert, dont le nom est associé au sien sur plusieurs chantiers des années 1920.
Parmi leurs réalisations figure l’immeuble du 8 rue de Talleyrand, construit au début des années 1920 et connu par le commerce À l’Iris de Florence. Son architecture associe pierre, ferronneries et décors de mosaïque ; l’ancienne devanture commerciale est encore conservée.
À partir de 1923, Léon Margotin et Louis Roubert participent également à la reconstruction des Galeries Rémoises, vaste ensemble commercial situé entre les rues de l’Arbalète et du Docteur-Jacquin. Le chantier se développe en plusieurs campagnes au cours des années suivantes.
Marc Margotin, une nouvelle génération
Marc Margotin commence son activité dans le contexte de la Reconstruction et travaille lui aussi avec Louis Roubert.
En 1929, il réalise au 1 rue des Tournelles une maison dont l’architecture très dépouillée témoigne de l’apparition à Reims d’un langage résolument moderne, éloigné des formes plus traditionnelles ou décoratives qui dominent une grande partie de la Reconstruction.
Il intervient également, avec Louis Roubert, dans la restauration de l’Hôtel Saint-Jean-Baptiste de La Salle, rue de l’Arbalète. Le chantier est conduit par Jean Lhose, directeur de l’entreprise Fossier, conseillé par Henri Deneux. L’ensemble permet de restituer l’édifice ancien fortement endommagé pendant la Grande Guerre.
Léon et Marc Margotin illustrent ainsi deux générations successives d’architectes rémois : la première issue de la tradition architecturale de la fin du XIXe siècle et engagée dans la reconstruction de la ville après 1918 ; la seconde davantage ouverte aux formes nouvelles de l’architecture de l’entre-deux-guerres.
Sur ReimsAvant
- Les Galeries Rémoises, rue du Docteur-Jacquin
- L’Hôtel Saint-Jean-Baptiste de La Salle
- L’Hospice Roederer-Boisseau rue de Courlancy
