Hippolyte Antoine Portevin (1854-1935)
Né à Reims le 26 novembre 1854, Hippolyte, ancien élève de l’École polytechnique présente un profil différent de celui de nombreux architectes rémois issus de l’École des Beaux-Arts. À la fois ingénieur et architecte, il se spécialise notamment dans les programmes industriels, techniques et collectifs. À Reims, il intervient avant la Grande Guerre pour les Docks Rémois et les Comptoirs Français, puis participe à la Reconstruction avec des réalisations majeures comme le Collège moderne et technique, actuel lycée Franklin-Roosevelt, et l’hôpital Maison-Blanche.
Après 1918, il prend une part importante à la Reconstruction de Reims. Olivier Rigaud et Marc Bédarida recensent 43 permis de construire déposés à Reims entre 1920 et 1930.
Son activité rémoise se distingue surtout par plusieurs grands équipements publics et par sa participation aux réflexions sur le nouveau plan de la ville.
Il est mort à Paris le 16 juillet 1935.
Un projet pour la reconstruction de Reims
Dès 1918, Hippolyte Portevin travaille avec Max Sainsaulieu à l’un des projets de reconstruction de Reims.
Les deux architectes proposent notamment la création d’une grande artère centrale orientée vers la cathédrale, à travers l’ancien lacis formé par les rues du Carrouge, de la Clef et des Deux-Anges. Le principe est ensuite repris dans le plan de reconstruction de la ville et donnera naissance au cours Jean-Baptiste-Langlet, ouvrant depuis la rue Thiers une nouvelle perspective sur la tour nord de Notre-Dame. Reimsavant
C’est cette intervention urbanistique qui explique la présence de Portevin dans plusieurs articles ReimsAvant consacrés au cours Langlet. Elle ne doit en revanche pas être confondue avec le monument du Poilu installé sur le cours en 1925 : celui-ci est l’œuvre de l’architecte Émile Fanjat et du sculpteur Paul Lefebvre. Ressources Pédagogiques
L’École pratique de commerce et d’industrie
La reconstruction de l’École pratique de commerce et d’industrie, devenue par la suite le lycée Franklin-Roosevelt, constitue l’une de ses principales réalisations rémoises.
Portevin réfléchit très tôt à la reconstruction de l’enseignement technique à Reims. Des plans conservés aux Archives municipales attestent qu’il travaille à un avant-projet dès 1922. Le projet évolue ensuite jusqu’à la construction du vaste ensemble en béton armé revêtu de petites briques rouges que nous connaissons aujourd’hui. Lycée Roosevelt Reims
Rigaud et Bédarida placent d’ailleurs l’École pratique de Reims parmi les œuvres principales de Portevin.
L’hôpital Maison-Blanche
L’autre grande réalisation de la fin de sa carrière est l’hôpital civil Maison-Blanche, conçu avec son fils Marcel Portevin.
Les Portevin adoptent un vaste plan en peigne composé de pavillons parallèles, caractérisés là encore par l’emploi de la brique rouge. La construction s’échelonne principalement entre 1926 et 1933 ; l’hôpital est inauguré le 2 juin 1935 par le président de la République Albert Lebrun.
Ici, il faudra donc bien conserver dans notre esprit la double attribution : Hippolyte et Marcel Portevin.
Les Docks Rémois
L’activité de Portevin à Reims avait commencé bien avant la Reconstruction.
Il participe notamment, avec Émile Dufay-Lamy et Émile Deveaux, à la conception des installations des Docks Rémois rue Léon-Faucher, dont les premiers bâtiments sont élevés avant la Grande Guerre.
Cette réalisation a donc sa place dans sa biographie et justifie le tag Portevin sur les articles où son architecture est réellement visible, mais elle ne constitue pas une œuvre de la Reconstruction.
Une carrière consacrée aux grands équipements
La fiche de Rigaud et Bédarida montre que l’activité de Portevin dépasse largement Reims. Il travaille notamment à des hôpitaux à Dunkerque, Roubaix et Charleville, ainsi qu’à des établissements d’enseignement et des bâtiments commerciaux et industriels.
Cette spécialisation dans les grands programmes explique assez bien ses deux réalisations rémoises majeures de l’entre-deux-guerres : Roosevelt et Maison-Blanche. Une publication patrimoniale consacrée à l’Art déco dans les Ardennes confirme également sa formation polytechnicienne et cite parmi ses principales réalisations le lycée Roosevelt et Maison-Blanche à Reims. Charleville Sedan Tourisme
Olivier Rigaud mentionne également comme principal collaborateur André Ragot (1892-1981), ainsi que Maurice Koob.
L’activité de Portevin à Reims avait commencé bien avant la Reconstruction. Il participe notamment, avec Émile Dufay-Lamy et Émile Deveaux, à la conception des installations des Docks Rémois rue Léon-Faucher, dont les premiers bâtiments sont élevés à partir de 1908.
Sur ReimsAvant
- L’Hôpital Maison-Blanche
- Le Lycée Franklin Roosevelt
- En pleine Reconstruction : le cours Jean-Baptiste-Langlet
- Les Docks Rémois, rue Léon-Faucher
Sources et bibliographie
- Académie d’Architecture, liste générale des membres. Hippolyte Portevin (1854-1935) est admis à l’Académie en 1920 :
https://www.academie-architecture.fr/sites/default/files/2025-01/Acade%CC%81mie-Architecture-Liste-ge%CC%81ne%CC%81rale-janv2025.pdf - Patrimoine industriel de Champagne-Ardenne (APIC), « Les Docks Rémois – Un nouveau site ». Les plans des entrepôts de la rue Léon-Faucher sont établis par Hippolyte Portevin, Émile Dufay-Lamy et Émile Deveaux :
https://patrimoineindustriel-apic.org/nos-dossiers/les-docks-remois/un-nouveau-site/ - Bibliothèque municipale de Reims – Patrimoine, documentation sur le Collège moderne et technique, actuel lycée Franklin-Roosevelt, œuvre d’Hippolyte Portevin :
https://www.bm-reims.fr/PATRIMOINE/le-saviez-vous.aspx - Olivier Rigaud et Marc Bédarida, Reims. Reconstruction 1920-1930, Reims, 1988.
