12 rue Courmeaux
Cette photographie montre la rue Courmeaux après les bombardements de la Grande Guerre. Les destructions sont importantes : façades éventrées, toitures disparues et maisons en partie effondrées témoignent de la violence des bombardements qui frappèrent ce secteur du centre de Reims.
La photographie permet également d’observer l’ancienneté de certaines constructions de la rue. Les encadrements de pierre qui soulignent portes et fenêtres sont particulièrement visibles sur les façades endommagées. Parmi les bâtiments anciens encore présents aujourd’hui, cet ensemble situé aux 8-12 rue Courmeaux, connu sous le nom d’hôtel de Luxembourg, remonte au XVIe siècle et présente une architecture de style Louis XII. Il témoigne du bâti ancien que conservait cette partie de la ville avant 1914. Cette maison fait l’angle avec la rue de Luxembourg.
La rue Courmeaux relie la place du Forum au boulevard Lundy. Elle portait autrefois le nom de rue de Monsieur, donné en souvenir de la visite à Reims du comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII. Elle prend son nom actuel en 1903, en hommage à Eugène Courmeaux (1817-1902), grande figure républicaine rémoise du XIXe siècle.
Mais la rue avait connu auparavant une appellation beaucoup moins solennelle : une partie de la voie fut autrefois appelée « rue du Trou-du-Cul » ! Ce nom pittoresque apparaît sur d’anciens plans de Reims avant que cette partie ne soit réunie à la rue de Monsieur.
Bibliothécaire de la Ville, conseiller municipal et général, député, publiciste et conférencier, Eugène Courmeaux fut un ardent républicain. Son opposition au pouvoir lui valut notamment d’être révoqué de son poste de bibliothécaire et de connaître l’exil, avant de retrouver ses fonctions en 1887.
Courmeaux, rue [1903].
<=20-26, place du Forum, =>11-13, boulevard Lundy.
Ancienne rue de Monsieur.
310 mètres de longueur.
(1817-1902). Député. Philippe Eugène Pierre Courmeaux, né à Reims, rue de Vesle, le 15 février 1817, décédé à Reims, 1, rue Clovis, le 22 novembre 1902. Bibliothécaire de la ville de Reims de 1843 à 1848 et de 1887 à 1895. Fervent républicain, il organisa la résistance démocratique au gouvernement, ce qui lui valut mise à pied et exil de 1850 à 1867. De retour à Reims, il créa une section de la Ligue de l’Enseignement. En 1887 il fut réintégré dans ses fonctions de bibliothécaire municipal, après 37 ans de suspension. Conseiller municipal, conseiller général, député de 1881 à 1885, franc-maçon, publiciste et conférencier, il fut l’une des personnalités les plus marquantes de la cité au 19e siècle. Il laissa de précieux souvenirs de sa jeunesse publiés en 1892. Il épousa à Paris en 1842 Marie Joséphine Chocardelle (1818-1888) et repose au Cimetière du Nord.
On voulut aussi rendre hommage à son fils, Remi René Henri Courmeaux, né à Reims le 22 juillet 1843, décédé au Parc-Saint-Maur-les-Fossés le 14 mars 1901, qui remplit en Océanie diverses missions scientifiques et industrielles. Il épousa à Paris, en 1893, Reine Blanche Lavainne et repose au Père-Lachaise.
Source : Jean-Yves Sureau dans La Vie Rémoise
- ReimsAvant – La rue Courmeaux à l’angle de la rue du Petit-Arsenal
- ReimsAvant – Rue Courmeaux : un immeuble de la Reconstruction restauré
- Musées de Reims – La rue Courmeaux pendant la Reconstruction, par Paul-Hubert Lepage


La photo de la rue bombardée est surprenante. Quel est ce mur? ‘ancienne rue devait être bien étroite! J’ai habité rue de Luxembourg toute mon enfance, je connais donc bien ce coin. Et la maison à droite, qui était longtemps à l’abandon, et où Brigitte Simon organisait un cours de dessin et peinture pour les enfants le samedi!
Il faut lire le livre d’Hervé Paul : Eugène Courmeaux (1817-1902) : Un républicain démocrate au XIXème siècle. ABM éditions 2011. Il faut lire aussi ses souvenirs (notes et souvenirs d’un vieux rémois), ses monographies d’Hugo, Ledru-Rollin, Louis Blanc, Alexandre Dumas, toutes parues à Chalons chez l’imprimeur Le Roy et d’autres ouvrages et articles, tout cela bien détaillé dans le livre d’Hervé Paul. Il faut rappeler aussi que c’est grâce à Courmeaux qu’Henri Menu pût devenir sous-bibliothécaire et que c’est Courmeaux encore qui reçut Gustave Laurent dans le « cénacle » de la gauche locale, quand l’historien rémois vint se fixer dans la cité des sacres. Mais il faut aussi signaler l’état d’abandon de la sépulture de la famille Courmeaux, tant les tombes de ses parents que sa propre tombe ! Il serait souhaitable que ces tombes puissent être restaurées ; que dis-je ce serait un honneur pour Reims, pour son histoire, pour son patrimoine qu’il en soit ainsi !