François Maille (1881-1949)
En quelques mots
François Maille est l’un des architectes rémois particulièrement actifs pendant la Reconstruction après la Grande Guerre.
Son œuvre est très diverse : immeubles d’habitation, hôtels particuliers et équipements publics. À Reims, il intervient aussi bien sur des édifices anciens gravement endommagés, comme le Grand Théâtre et la Caisse d’Épargne, que sur des constructions nouvelles telles que la caserne des pompiers.
Repères biographiques
Marie-Joseph François Maille naît à Reims le 6 mars 1881 et y meurt le 13 juin 1949.
Élève de Gaston Redon à l’École des Beaux-Arts de Paris, il est admis en deuxième classe en 1906 et obtient son diplôme d’architecte le 9 juin 1909. Il devient la même année membre de la Société des architectes diplômés par le gouvernement.
Après avoir collaboré avec plusieurs architectes rémois, notamment Armand Bègue, il lui succède en 1911 et installe son cabinet au 3 rue Noël. Il sera notamment président de la Société des Architectes de la Marne en 1935 et 1936.
Un architecte très actif pendant la Reconstruction
Après 1918, François Maille participe largement à la reconstruction de Reims. La longue série de permis conservée aux Archives municipales témoigne de l’importance de son activité dès le début des années 1920 : maisons particulières, immeubles de rapport, bâtiments religieux et équipements publics se répartissent dans toute la ville.
Parmi cette production abondante, plusieurs réalisations permettent de mesurer la variété de ses interventions.
Le 40 cours Jean-Baptiste-Langlet
En 1923, François Maille construit au 40 cours Jean-Baptiste-Langlet un hôtel particulier destiné aux frères René et Henri Druart.
Édifié en pierre et brique, le bâtiment participe à la création de cette nouvelle artère ouverte lors de la Reconstruction dans l’axe de la cathédrale. Le permis de construire est délivré le 19 juillet 1923. Son décor comprend notamment un jeune lettré entouré de livres, conçu par le sculpteur rémois Robert Coutin.
La Caisse d’Épargne
La Caisse d’Épargne, rue de la Grosse-Écritoire, avait été construite en 1887 par Ernest Brunette. Gravement endommagée pendant la Grande Guerre, elle conserve sa façade mais son intérieur doit être entièrement reconstruit.
De 1923 à 1927, François Maille réorganise les espaces intérieurs. Il réalise notamment la remarquable coupole en pavés de verre qui éclaire la salle des guichets, témoignage particulièrement original de l’architecture de la Reconstruction.
La caserne des pompiers
Entre 1924 et 1926, Maille construit la nouvelle caserne des pompiers entre les rues Chanzy et Tronsson-Ducoudray.
Organisé en trois ailes autour d’une cour, l’ensemble réunit garages, logements et locaux nécessaires au fonctionnement du service. Sa haute tour de séchage des tuyaux, traitée comme un campanile, constitue l’un des éléments les plus caractéristiques de l’édifice.
Inaugurée en 1926, cette construction Art déco constitue alors la première véritable caserne moderne de Reims. Les pompiers la quittent en 1993 ; l’ensemble est finalement transformé en hôtel, ouvert en 2019, en conservant notamment ses façades et sa tour.
Le Grand Théâtre
Le Grand Théâtre, construit au XIXe siècle par Alphonse Gosset, est très gravement endommagé pendant la Grande Guerre.
François Maille travaille à sa reconstruction dès 1922 et élabore plusieurs projets successifs. Le chantier débute en 1927 sous sa direction. Son ancien condisciple des Beaux-Arts Louis Sollier le rejoint par la suite.
Les façades de Gosset sont conservées et restaurées tandis que l’intérieur est profondément restructuré. Salle, foyers et décors prennent alors le caractère Art déco que nous leur connaissons aujourd’hui. La documentation patrimoniale de la Ville cite également parmi les autres grands chantiers rémois de Maille la Caisse d’Épargne et la caserne Chanzy.
Le Grand Théâtre rouvre ses portes en 1931. Cette réalisation illustre particulièrement bien l’un des enjeux de la Reconstruction rémoise : conserver l’enveloppe d’un monument du XIXe siècle tout en créant derrière elle un édifice intérieur profondément renouvelé.
