Edmond Herbé (1864-1960)
En quelques mots
Edmond Herbé compte parmi les architectes les plus actifs de la Reconstruction de Reims après la Grande Guerre. Associé à Maurice Deffaux jusqu’à la mort de celui-ci en 1926, il participe aussi bien à la reconstruction du centre-ville qu’à la création de nouveaux quartiers d’habitation.
Dominique Potier recense 183 permis de construire entre 1920 et 1930 pour son agence, ce qui en fait l’une des plus importantes de Reims durant cette période.
Repères biographiques
Edmond Joseph Baptiste Herbé naît à Épernay le 22 mai 1864 et meurt à Reims le 6 novembre 1960. Il est notamment l’élève de l’architecte rémois Édouard Thiérot.
Avant la Grande Guerre, il réalise déjà plusieurs constructions à Reims et dans la région. Après 1918, son activité prend une ampleur considérable avec la Reconstruction. Il s’associe à Maurice Deffaux, d’abord son collaborateur, avec lequel il signe de très nombreux projets jusqu’au décès de celui-ci en 1926.
Herbé participe également à l’élaboration du règlement de la place d’Erlon en 1921, puis du règlement de voirie de Reims en 1922. Son rôle dépasse donc la seule conception d’immeubles : il contribue également à définir le nouveau visage urbain de la ville.
Ses fils Jacques Herbé et Paul Herbé deviennent eux aussi architectes. Cette continuité familiale impose parfois de distinguer soigneusement les réalisations d’Edmond de celles de la génération suivante.
Herbé et Deffaux
L’association Edmond Herbé – Maurice Deffaux laisse une empreinte importante dans le Reims des années 1920.
Parmi leurs réalisations figure l’immeuble du 29-31 rue de Mars, à l’angle de la rue Henri-IV, construit en 1923. Son architecture, ses décors et sa position à l’angle de deux rues en font l’une des réalisations particulièrement représentatives de la Reconstruction rémoise.
Ils construisent également dès 1920 les immeubles des 14 à 18 rue Féry, visibles sur un montage de ReimsAvant, ainsi que de nombreux immeubles d’habitation et de commerce répartis dans la ville.
Au Petit Paris
L’une de leurs réalisations les plus connues est le grand magasin Au Petit Paris, à l’angle des rues de Talleyrand et de l’Étape.
Reconstruit en 1922-1923 pour M. Cahen, l’immeuble associe architecture commerciale et décors caractéristiques des années de Reconstruction. Sa coupole comporte une verrière réalisée par Jacques Simon.
L’édifice, aujourd’hui occupé notamment par Monoprix, reste l’un des témoignages les plus visibles de l’activité du cabinet Herbé et Deffaux dans le centre de Reims.
Sur ReimsAvant :
Au petit Paris, Aux Soeurs de Charité, rue de Talleyrand/rue de l’Etape
La cité-jardin Maison-Blanche
Edmond Herbé intervient également à une tout autre échelle avec la cité-jardin Maison-Blanche.
L’Office public d’habitations à bon marché lance en 1922 un concours pour la création d’une vaste cité comprenant logements et équipements collectifs. Le projet d’Herbé est retenu. Il adopte une architecture régionaliste d’inspiration basco-landaise, très différente des immeubles du centre-ville.
La réalisation de Maison-Blanche constitue ainsi un autre aspect majeur de son œuvre : celui du logement social et de l’urbanisme de la Reconstruction.
L’hôtel Demay
En 1925-1926, Edmond Herbé et Maurice Deffaux construisent également l’hôtel particulier de René Demay, au 18 rue Jeanne-d’Arc.
L’édifice a aujourd’hui disparu, mais plusieurs éléments de ses ferronneries sont conservés dans les collections des Musées de Reims, qui en confirment l’attribution aux deux architectes.
L’hôtel est démoli en 1986 ; son emplacement est aujourd’hui occupé par le square des Victimes de la Gestapo.
Architecte des Monuments historiques et arts décoratifs
À partir de 1928, Edmond Herbé exerce également comme architecte des Monuments historiques. Il joue parallèlement un rôle important dans le milieu artistique rémois et succède à Ernest Kalas à la présidence de l’Union rémoise des arts décoratifs.
Ses fils Jacques et Paul participent progressivement à l’activité architecturale familiale. Jacques devient notamment son associé puis son successeur, tandis que Paul poursuivra une carrière nationale et internationale.
Sur ReimsAvant :
– Rue de Mars et rue Henry IV
– L’école de la cité-jardin de la Maison-Blanche
– Le square des Victimes de la Gestapo
– La rue Féry en 1970
