Henri Deneux (1874-1969)
Henri Deneux est l’une des grandes figures de la restauration des monuments rémois après la Grande Guerre. Architecte en chef des Monuments historiques, il dirige notamment la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Reims et intervient également à la basilique Saint-Remi et à l’église Saint-Jacques.
Repères biographiques
Henri Deneux naît à Reims le 16 octobre 1874.
Après des études à l’École professionnelle et à l’École des Arts industriels de Reims, il entre très jeune dans l’atelier des architectes Édouard Thiérot et Ernest Margotin, chargés notamment de travaux sur les édifices religieux.
Il poursuit ensuite sa formation à Paris et s’inscrit à l’École des beaux-arts. En 1905, il est reçu premier au concours d’architecte en chef des Monuments historiques.
En 1918, il obtient de se consacrer aux monuments de Reims durement touchés pendant la Grande Guerre.
La cathédrale Notre-Dame de Reims
Après l’incendie de septembre 1914 et les bombardements qui endommagent gravement la cathédrale, Henri Deneux dirige son long chantier de restauration.
Il mène également des fouilles archéologiques dans l’édifice, qui permettent de retrouver des vestiges des cathédrales antérieures.
Pour remplacer la charpente détruite, Deneux met au point une structure constituée d’éléments préfabriqués en béton armé. Le principe s’inspire du système de charpente imaginé au XVIe siècle par Philibert Delorme, mais adapté à un matériau moderne, résistant au feu.
La cathédrale restaurée est inaugurée le 10 juillet 1938.
Interventions et réalisations documentées
- L’échafaudage de la cathédrale
- La cathédrale, le Palais du Tau et sa chapelle
- La Chapelle palatine
- Le jardin Henri Deneux et la rue du Cloître
- Le chœur et la chaire après les bombardements
L’église Saint-Jacques
Très endommagée pendant la Grande Guerre, l’église Saint-Jacques est restaurée sous la direction d’Henri Deneux.
Il y expérimente le principe de charpente en éléments de béton armé qu’il emploiera ensuite à plus grande échelle pour la cathédrale Notre-Dame.
Restauration après la Grande Guerre. Henri Deneux y expérimente, entre 1920 et 1922, une charpente constituée de petits éléments préfabriqués en ciment armé, assemblés et démontables, procédé qu’il développera ensuite sur ses grands chantiers rémois. La nef est rendue au culte en 1922 ; les travaux de restauration se poursuivent jusqu’en 1932.
Interventions et réalisations documentées
- L’Église Saint-Jacques
- L’intérieur de l’église Saint-Jacques
- Après la guerre et après la Reconstruction d’Henri Deneux
La basilique Saint-Remi
Henri Deneux dirige la restauration de la basilique Saint-Remi, gravement endommagée pendant la Grande Guerre.
Comme pour la cathédrale et Saint-Jacques, son intervention relève de la restauration d’un monument ancien et non de la construction d’un nouvel édifice de la Reconstruction.
Interventions et réalisations documentées
- Bombardement de la Basilique Saint-Remi
- La basilique Saint-Remi, avant, pendant et après la Grande Guerre
- La grande nef de la basilique Saint-Remi
- L’intérieur de la basilique après les bombardements
- Le portail sud en 1919 avant l’intervention d’Henri Deneux
Une œuvre personnelle moderne
Henri Deneux ne fut pas seulement restaurateur de monuments historiques.
En 1912, il construit son propre immeuble au 185 rue Belliard, à Paris. Cette réalisation personnelle, très originale pour son époque, témoigne de son intérêt pour les techniques et les formes architecturales modernes.
Immeuble Deneux, 185 rue Belliard — Paris la douce
Henri Deneux et l’Hôtel Saint-Jean-Baptiste de La Salle
Henri Deneux est également lié à la restauration de l’Hôtel Saint-Jean-Baptiste de La Salle, rue de l’Arbalète, mais son rôle doit être précisément distingué de celui des architectes chargés des travaux.
Henri Deneux intervient comme conseiller lors de la restauration de l’édifice après la Grande Guerre. Les architectes de cette restauration sont Marc Margotin et Louis Roubert, sous l’impulsion de Jean Lhose. Cette intervention de Deneux doit donc être distinguée de ses propres chantiers de restauration.
Fin de carrière
Après l’achèvement des grands travaux de restauration de la cathédrale, Henri Deneux prend sa retraite en 1939.
Il meurt à Paris le 15 avril 1969 et est inhumé à Reims.
Sources
- Dominique Pottier, Reims 1920-1930 – Les Architectes de la Reconstruction, Archives municipales de Reims.
- Ministère de la Culture, base POP et documentation des Monuments historiques.
- Ville de Reims, documentation patrimoniale consacrée à la cathédrale Notre-Dame.
- Olivier Rigaud et Marc Bédarida, Reims Reconstruction 1920-1930.
