Maurice Clauzier (1897-1984)
Merci encore à Christophe Clauzier de nous avoir confié les magnifiques plaques de verre réalisées par son grand-père, l’architecte Maurice Clauzier, précieux témoignages de la Reconstruction de Reims.
Maurice Clauzier est l’un des architectes qui participent à la Reconstruction de Reims dans les années 1920, avant de poursuivre une longue carrière dans la ville.
D’abord chef d’agence chez Constant Ouvière, il reprend vers 1925 le cabinet de celui-ci avec Rodolphe Mériaux. Leur association intervient dans plusieurs constructions du centre de Reims.
Repères biographiques
Maurice Clauzier naît le 27 juillet 1897 à Amillis, en Seine-et-Marne.
Architecte et urbaniste, diplômé de l’Institut d’Urbanisme de Paris, élève de Etcheverry et de Jacques Greber.
Il arrive à Reims à l’occasion du concours pour la Cité Maison-Blanche avec Agache et Fanjat (1921). Il enseigne l’architecture à l’École des beaux-arts de Reims à partir de 1922. Travaille avec Agache, puis Beaumet et Menet, puis Fanjat (1922), puis avec Constant Ouvière à partir de 1923.
Il s’installe à son compte avec Rodolphe Mériaux (gendre d’Ouvière) fin 1924. Lorsque celui-ci cesse son activité à Reims vers 1925, son cabinet est repris par Maurice Clauzier et Rodolphe Mériaux.
Il travaille principalement pour les Établissements Goulet-Turpin (siège et succursales).
Il reçoit la médaille d’or à exposition de Barcelone en 1930, puis la médaille d’or à l’exposition de Liège en 1931.
49 permis de construire entre 1920 et 1930
Son activité se poursuit à Reims pendant plusieurs décennies. En 1957, il transforme l’hôtel Mignot, boulevard Lundy, en appartements et y installe son agence.
Il meurt à Reims le 13 mai 1984.
Clauzier et Mériaux
Plusieurs constructions rémoises témoignent de l’association de Maurice Clauzier avec Rodolphe Mériaux.
En 1924, ils réalisent notamment pour M. Clément le petit immeuble situé à l’angle de la rue Théodore-Dubois et de la rue Marx-Dormoy. Édifié sur une parcelle de seulement 48 m², il mêle ornements classiques et vocabulaire Art déco.
La même année, Clauzier et Mériaux interviennent pour Le Gaulois, à l’angle de la place Drouet-d’Erlon et de la rue Condorcet. Les photographies de chantier conservées permettent de suivre sa construction pendant la Reconstruction.
Les Établissements Goulet-Turpin
Maurice Clauzier entretient des liens étroits avec la famille Goulet et conçoit de nombreux plans de succursales pour l’enseigne Goulet-Turpin.
En 1931, il construit leur nouveau siège social au 42 boulevard Roederer, à l’emplacement de l’ancien dancing Le Cosmos. Cet édifice a aujourd’hui disparu : il fut démoli en 1986 lors de la construction de l’hôtel de police.
Les nombreuses photographies de succursales Goulet-Turpin prises par Maurice Clauzier témoignent également de ses relations avec l’entreprise.
Rue Marie-Stuart
En 1931, le Foyer Rémois confie à Maurice Clauzier la construction d’un immeuble moderne rue Marie-Stuart, à proximité de l’impasse du Levant.
L’ensemble comprend quarante appartements destinés aux classes moyennes. Cette réalisation appartient à une période plus tardive de son activité et témoigne de l’évolution de l’habitat collectif rémois après la grande phase de Reconstruction des années 1920.
La chapelle Foujita
La dernière partie de la carrière de Maurice Clauzier est marquée par une réalisation rémoise particulièrement célèbre : la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix, dite chapelle Foujita.
Construite en 1965-1966, elle naît de la collaboration entre Léonard Foujita et Maurice Clauzier. Foujita conçoit le programme artistique et trace les plans avec l’aide de l’architecte rémois, qui en assure la traduction architecturale et la réalisation.
Cette œuvre, très postérieure à la Reconstruction, montre l’exceptionnelle durée de la carrière de Maurice Clauzier à Reims.
Le Gaulois, angle de la place d’Erlon et de la rue Condorcet
Le Gaulois, 2 place Drouet-d’Erlon et 26-30 rue Condorcet — Maurice Clauzier et Rodolphe Mériaux, permis de construire de 1924.
Petite exception, un immeuble construit bien après la Reconstruction : le 30 rue Payen
Date du dépôt du permis : 26 septembre 1940. Adresse du permis : 30 rue Payen. Maître d’ouvrage : société immobilière La Nivernaise. Entreprise concernée : Le Ciment Armé Demay Frères
La fiche du Ministère de la Culture précise que ce permis concerne la construction du bâtiment tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec conservation d’une ossature en béton armé préexistante, démolition partielle et extension.
Sur ReimsAvant
- Construction du Gaulois, rue Condorcet après la Grande Guerre — vues du chantier.
- La Reconstruction, Le Gaulois — vues pendant et après la construction.
- Le Gaulois, angle de la place d’Erlon et de la rue Condorcet — vue de l’établissement achevé.
- Le siège des Établissements Goulet-Turpin 42 — boulevard Roederer
- La Reconstruction entre la rue Théodore-Dubois et la rue Marx-Dormoy
- Le Goulet-Turpin de la route de Witry
Sur Archi Reims Déco
Sources
Fonds photographique Maurice Clauzier, collection Christophe Clauzier.
Olivier Rigaud et Marc Bédarida, Reims, Reconstruction 1920-1930, Ville de Reims, 1988.
Archives municipales et communautaires de Reims.
