Fonds Marcoup

Place du Forum

Avant la Guerre, c’était la place des Marchés, voir un montage bien animé

Au premier plan à gauche on voit les ruines d’un des deux bâtiments qui n’ont jamais été reconstruits

Une photographie prise vers la place Royale, on voit bien les deux bâtiments du premier plan avant leur démolition pendant la Grande Guerre :

Les deux bâtiments disparus, place des Marchés

le plan d’avant 1914 vous pouvez visualiser un autre montage qui montre bien les ruines de ces deux bâtiments disparus

 

Place Royale, côté nord pendant la Grande Guerre

Genèse de la construction de la place Royale

En 1750, le centre ville était constitué de ruelles tortueuses, étroites et mal pavées, avec un égout circulant au centre avec  souvent des dépôts d’immondices sur les côtés. De plus, les maisons placées en abord étaient souvent dotées d’un étage en saillie. Même les piétons avaient des difficultés pour y circuler.

Le Lieutenant des Habitants, Levesque de Pouilly (30-08-1691/04-03-1750) proposa le percement du Grand Credo, en rappelant que la reine Marie Leczynska, se rendant à Metz auprès du roi, du plusieurs fois mettre pied à terre car son carrosse ne pouvait passer dans les rues.

D’après certaines sources, cette anecdote serait fausse au vu des attestations des habitants du quartier, elle n’eut jamais à mettre le pied à terre.
Ce projet avait pour but d’embellir la ville et de faire disparaître le chancre du Grand Credo. L’anecdote aurait été créée dans ce but.

Le Conseil de Ville par une délibération du 16 décembre 1748 approuva le projet et fit dresser un plan par monsieur de Monthelon, professeur de dessin à Reims. Le projet fut relancé par Trudaine, directeur des Ponts et chaussées qui avait dans ses attributions l’étude du réseau des routes et l’alignement des rues qui les traversent. Le 3 décembre 1752, il fit établir un plan de la ville qui servit à adresser une requête au Roi. Le Conseil du Roi du 20 mai 1755 approuva cette requête.

Cette place devait se situer au croisement des routes de Paris aux frontières de la Champagne et des Flandres à la Bourgogne. Notons que ce tracé avait été celui du Credo et du Décumanus de la ville gallo-romaine du 2ème siècle après JC. Elle se situait aussi en bordure du Forum romain qu’elle devait empiéter en partie et du Chapitre de Notre Dame. Il y eut une vive opposition de la part du Chapitre de la cathédrale et de l’archevêque propriétaires de nombreuses maisons dans ce secteur et qu’ils voyaient détruites. Il y eut aussi des récriminations de civils, propriétaires ou locataires qui voyaient aussi disparaître des étaux de bouchers.Les chanoines proposèrent d’autres lieux qu’ils estimaient plus centraux, dont la croisée de la Couture (actuelle place d’Erlon) ou la croisée de la Croix Saint Victor (carrefour Chanzy/Talleyrand actuel). ou la porte aux Ferrons (devant la rue du Clou dans le Fer) Les choses allèrent jusqu’au procès et par un arrêté du 6 septembre 1756, le Conseil D’État débouta les religieux…
Suite sur le site de Jean-Claude Thuret

(Jean-Claude Thuret  Né à Reims le samedi 12 septembre 1936
Décédé à Reims le mardi 14 janvier 2014 à l’âge de 77 ans)

Place Royale et la rue Cérès

Cette carte postale ancienne a été envoyée en 1915

C’est à cet angle de la place Royale, au n°8, qu’est né René de Saint-Marceaux le 23 septembre 1845. Et il est décédé le 23 avril 1915 certes d’une grippe infectieuse mais aussi affaibli par le chagrin de voir sa chère ville natale et « sa » cathédrale écrasées sous les bombes ennemies. On comprend le désastre avec cette carte postale.

La cathédrale était sa référence de sculpteur, source de sa vocation d’artiste. Il aimait à répéter : « Je suis né deux fois à Reims car les figures du Moyen-Age de ses églises ont fait germer en moi l’amour de la sculpture ». Son attachement viscéral à Reims a été marqué à plusieurs reprises par des dons de ses oeuvres au musée, sa participation aux expositions au Cirque ou aux assemblées de l’association des Anciens élèves du lycée, ses lettres aux personnalités municipales.

René de Saint-Marceaux est encore présent dans l’espace public de la ville de Reims en 2018 au cimetière du Nord et au coeur de l’Hôtel de Ville. Le Gisant de l’Abbé Miroy, ôté en 2006 pour éviter sa disparition pour cause de vol par des amateurs de métaux, retrouvera son socle en mai 2018 et reprendra sa place de symbole de notre petit Père Lachaise.

Source : Association René de Saint-Marceaux
Merci à Lucette Turbet pour son commentaire

Le Cours Langlet et la cathédrale

Après la Grande Guerre, le conseil municipal décida d’honorer les régiments qui tenaient garnison à Reims et avaient pris une part importante aux combats. Une souscription est ouverte dès 1921. Le 132e régiment d’infanterie était installé avant 1914 dans les casernes Colbert et Neufchâtel. Le 132e et le 46e régiment d’infanterie territorial furent associés sur le monument qui fut érigé dans l’axe de la voie nouvelle de 30 mètres de large, le futur cours J-B Langlet. L’architecte Émile Fanjat réalisa le socle, le sculpteur est Paul Lefebvre. Le monument fut inauguré le 11 novembre 1925. Il quitta le cours Langlet en 1933 pour laisser place à la fontaine des Boucheries voisine de quelques mètres.
(source Michel Thibault dans Reims d’hier à aujourd’hui, éditions Sutton)

Cette carte postale a donc été publiée par des Editions Politi-Dupuy -POL- entre 1921 et 1933

Pour en savoir plus sur cette partie du Cours Langlet

Cours Langlet, le Poilu et la fontaine des Boucheries

« Le Poilu » a été déplacé en 1933 place Léon Bourgeois et la fontaine à pris sa place avant d’être elle même déplacée place Jules Lobet pour faire place au tramway le 16 avril 2009
En savoir plus sur cette fontaine baladeuse et ses 3 « changements de vie » sur le site du Reims histoire archéologie

Nous sommes en pleine Reconstruction : l’immeuble derrière la fontaine n’est pas encore terminé, il existe toute une série de cartes postales colorée ainsi, en rose, en vert…
Cadeau de la famille Marcoup, merci à elle.

 

Rue de Talleyrand

Talleyrand, rue de [1816].

<= 8-10, rue de Vesle, => 37-39, rue Thiers.
460 mètres de longueur.
Ancienne rue de la Comédie, ainsi dénommée en 1778, pour la partie qui commençait rue de Vesle, et qui devint rue de Talleyrand en 1816, et ancienne rue de Gueux, pour la partie qui allait de la rue Noël à la rue de l’Étape. Ces deux rues furent réunies sous le même vocable en 1841.

(1736-1821). L’épiscopat de Mgr de Talleyrand fut bénéfique pour l’Église de Reims ; il prit d’heureuses initiatives sur le plan social. C’est ainsi qu’il obtint en 1785 la démolition de la rue de la Comédie, qui était le tronçon de l’actuelle rue de Talleyrand compris entre rue de Vesle et rue des Élus. Cette rue – plutôt ruelle – était très étroite et coudée, les maisons vétustes ; la nouvelle voie reçut son nom en témoignage de reconnaissance.

Talleyrand créa la Caisse de prêt gratuit, devenu Mont-de-Piété en 1822, ainsi que la Caisse des incendiés qui secourait les sinistrés. Pour sa résidence à la campagne, Mgr de Talleyrand fit construire le magnifique château de Saint-Thierry, à la place de l’ancien monastère en ruines. Il fut inhumé à Notre-Dame de Paris et son cœur fut transféré à Reims pour être déposé dans le tombeau de saint Remi.

Source : La Vie Rémoise, Jean-Yves Sureau


Faites clisser le curseur pour découvrir la photographie

Le Cours Jean- Baptiste Langlet

C’est l’une des rues qui fut créée à la suite des destructions de la Première Guerre mondiale en regroupant la rue de la Clé, la rue des Deux Anges et une partie de la rue du Carrouge. Elle porte le nom de Jean-Baptiste Langlet maire de la ville lors de la Grande Guerre et est du à l’architecte Géo Ford, le cahier des charges prévoyait que les immeubles faisant angle de rue devait avoir un dôme (source Wikipedia).

Carte postale : don de la famille Marcoup, merci à elle.

Jean-Baptiste Langlet, un nom connu de tous les Rémois. Un médecin mais surtout l’un des plus emblématiques maires de la ville. Un homme qui pendant la première guerre incarnera la résistance de la cité des sacres face à la menace allemande.

Lorsque le conflit éclate, Jean-Baptiste Langlet a 75 ans et entame son deuxième mandat. Radical de gauche, anticlérical revendiqué, c’est une personnalité respectée. Certains élus n’échappent pas à la mobilisation, d’autres s’enfuient à l’approche des troupes allemandes qui entrent dans Reims le 3 septembre 1914. A la mairie c’est alors l’union sacrée : associant la minorité de droite à ses décisions, Jean-Baptiste Langlet va gérer la courte occupation allemande, faisant preuve d’un sang froid salutaire pour l’ensemble de la population.

Avec la victoire de la Marne, les Allemands évacuent Reims. Commence alors le premier des 1051 jours de bombardements que subira la ville. Gestion des blessés, des réfugiés, approvisionnement en nourriture. Jean Baptiste Langlet est sur tous les fronts, et même sous terre dans les caves de maisons de champagne après l’incendie de l’hôtel de ville. Pendant les 4 années du conflit, le maire, qui craint que la ville ne soit totalement rasée, va alors s’opposer aux militaires qui souhaitent une évacuation totale de la population civile.

Sur les 115.000 habitants en 1914, seulement 1.500 en mars 1918 quitteront finalement Reims lors de l’offensive allemande. Après l’armistice, Jean-Baptiste Langlet abandonne la politique non sans avoir lancé les premiers projets de reconstruction. Fait rarissime, pour récompenser son héroïsme, la ville attribue de son vivant son nom à l’une des principales artères de la ville…
Le désormais célèbre cours Langlet.

Par LG avec Mathieu Guillerot –

Voir  le reportage sur J-B Langlet, en bas de page –  JT 19/20 du dimanche 9 août 2015 mis à jour le 24/07/2017