Émile Dufay-Lamy (1868-1945)
En quelques mots
Émile Dufay-Lamy est l’un des architectes particulièrement actifs de la Reconstruction de Reims après la Grande Guerre. Héritier du cabinet d’Édouard Lamy, qu’il reprend en 1901, il intervient aussi bien dans la reconstruction d’immeubles privés que dans des établissements religieux et de grands programmes. Architecte d’opération de la cité-jardin du Chemin-Vert sous la direction de Jean-Marcel Auburtin, il est également l’auteur de la Banque Chapuis, aujourd’hui Conservatoire municipal. Son activité rémoise se poursuit jusqu’en 1934.
Repères biographiques
Émile Georges-Gaston Dufay-Lamy naît à Reims le 12 mars 1868 et meurt à Monte-Carlo le 16 septembre 1945.
Élève de Thiérot, il débute dans son cabinet avant de rejoindre celui de l’architecte Édouard Lamy en 1901, dont il épouse la fille. Il reprend ensuite le cabinet.
Membre de la Société des Architectes de la Marne à partir de 1898, il en est président en 1923 et 1924. Son cabinet est d’abord installé 11 bis place du Chapitre, puis 18 rue Courmeaux à partir de 1924. Il exerce comme architecte jusqu’en 1934.
La Banque Chapuis – aujourd’hui Conservatoire
Au 14 rue Carnot, Émile Dufay-Lamy reconstruit le siège de la Banque Chapuis et Cie, sur l’emplacement de l’ancien Comptoir d’Escompte de Reims. Le permis de construire est accordé le 4 octobre 1922 ; les travaux se déroulent de novembre 1922 à décembre 1924 et l’édifice est inauguré le 10 janvier 1925.
Dufay-Lamy conçoit une façade monumentale à colonnade, enrichie de sculptures d’Aimé Lejeune, Grand Prix de Rome. Jacques Simon intervient comme maître verrier. Transformé en 1934, le bâtiment accueille ensuite le Conservatoire municipal de musique.
La cité-jardin du Chemin-Vert
Émile Dufay-Lamy participe à la réalisation de la cité-jardin du Chemin-Vert comme architecte d’opération, sous la direction de Jean-Marcel Auburtin.
Cette fonction le place au cœur de la réalisation de cet important programme de logements sociaux du Foyer Rémois. Il convient toutefois de distinguer son rôle d’architecte d’opération des bâtiments et équipements spécifiquement conçus par Auburtin.
- Place du 11 novembre – Cité Jardin du Chemin Vert
- Ensuite Allée des Pervenches – Cité Jardin du Chemin Vert
- La Maison Commune du Chemin Vert
Les établissements religieux
Dufay-Lamy intervient dans la reconstruction ou l’aménagement de nombreux établissements religieux rémois après la Grande Guerre.
Parmi eux figure le Grand Séminaire, aujourd’hui Maison Saint-Sixte, dont il reconstruit les bâtiments à partir de 1924 autour d’un vaste cloître. Rigaud et Bédarida mentionnent également parmi ses interventions l’Enfant-Jésus et le Bon Pasteur.
En 1932, il participe par ailleurs au concours pour l’église Saint-Louis ; cette participation ne doit pas être confondue avec la réalisation de l’édifice.
Les immeubles de la Reconstruction
L’activité d’Émile Dufay-Lamy dans Reims est considérable. Rigaud et Bédarida recensent 148 permis de construire déposés entre 1920 et 1930 en comptant ceux de l’Office Central d’Architecture, présenté comme la troisième agence de la Reconstruction.
Les permis et les sources permettent notamment de retrouver ses interventions rue Carnot, rue Buirette, boulevard de la Paix, rue du Barbâtre, place Drouet-d’Erlon, esplanade Cérès, rue Condorcet, rue Hincmar et rue Rogier.
Les Magasins Modernes
Après l’incendie de 1932, Émile Dufay-Lamy intervient aux Magasins Modernes pour la réfection des combles.
Cette intervention, postérieure à la grande période de la Reconstruction, constitue l’un de ses derniers chantiers rémois connus avant son départ de Reims en 1934.
